Donald Trump s'en prend au président de la Cour suprême et dénonce "un juge d’Obama"

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Du jamais vu aux États-Unis, une polémique entre le Président et le président de la Cour suprême.

Donald Trump ose tout, c’est à cela qu’on le reconnaît.
Depuis lundi, il est furieux contre un juge fédéral qui a bloqué son décret limitant le droit d’asile. L’administration veut en priver ceux qui forcent la frontière. Ce qui était bon quand les naufragés Cubains s’échouaient sur les plages de Floride ne l’est plus quand l’État doit répondre au défi d’une caravane de milliers de migrants remontant d’Amérique centrale dans un grand tintamarre médiatique.
Le juge a dit non. On ne touche à rien. Une fois de plus, Donald Trump a perdu devant cette cour fédérale qui couvre l’ouest américain.
Fureur du Donald qui dénonce "un juge d’Obama". Et là, pour la première fois, le Président de la Cour suprême réagit. On peut y voir une leçon d’instruction civique sur l’indépendance de la magistrature ou une manifestation de corporatisme politiquement correct : "Nous n’avons pas de juge d’Obama ou de juges de Trump, de juges de Bush ou de juges de Clinton. Mais un groupe extraordinaire de juges dévoués qui font de leur mieux pour faire preuve d’équité". Fermez le banc.
Aux États-Unis, un juge à la Cour suprême trône sur la colline du Capitale comme sur l’Olympe. Elu à vie, intouchable, respecté. Et le président de la Cour suprême est l’élu des élus, ses avis sont des sourates.
On imagine la stupéfaction du très honorable John Roberts quand il a pris un tweet, en retour de volée : "Désolé juge en chef, mais il y a des juges d’Obama et leur point de vue n’est pas celui des gens chargés de la sécurité de notre pays".

Ce juge en chef est-il démocrate ?

Même pas ! Il a été nommé par George Bush junior. Mais son vote a sauvé l’Obamacare en 2012 et Trump l’avait critiqué.
Cela montre que les juges ne sont pas l’otage d’un camp comme les politiciens le sont de leurs électeurs. L’honneur du magistrat, c’est son ingratitude.
Il y a là de quoi rassurer un peu les démocrates qui s’affole car Donald Trump a déjà nommé deux juges et les deux vétérans du collège sont deux progressistes octogénaires.
Ce qui est sûr, c’est que Donald Trump a du mal avec la séparation des pouvoirs. Le matin, il met un gilet jaune et il ne laisse à personne le droit de le sermonner.