Cour suprême : le candidat de Donald Trump accusé de tentative de viol

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Le regard international est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

C’est la nouvelle affaire qui passionne l’Amérique. Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême est accusé de tentative de viol.

Dans l’imaginaire américain, un juge à la Cour suprême, c’est un super-héros aux pouvoirs quasi magiques, un esprit libéré des passions,  un saint mais laïc. On ne doit pas soupçonner la femme de César et on ne peut pas imaginer un juge à la Cour suprême dérapant un soir de beuverie et se vautrant sur une fille en tentant de la violer avec un de ses copains.

C’est pourtant ce qu’aurait fait, il y a 36 ans, Brett Kavanagh quand il était avait 17 ans. L’accusatrice en avait 15, elle est aujourd’hui prof de Psycho, elle s’appelle Christine Ford, elle est de gauche, elle a confié son histoire à une sénatrice de Californie démocrate et féministe qui mène campagne. Le juge Kavanagh jure que tout est faux, 60 femmes qu’il connaissait il y a 36 ans ont pétitionné pour le défendre.

En droit ordinaire, le doute profite à l’accusé. Pas aux États-Unis où souffle depuis un an la tempête MeToo. Elle a entrainé la chute en cascade d’hommes de pouvoir, dernier en date, il y a dix jours, le patron de CBS. Elle a ruiné aussi la carrière de tas d’innocents, victimes de règlements de comptes.

La chute de Brett Kavanaugh serait une apothéose.

Donald Trump lui garde sa confiance.

C’est la deuxième fois qu’il désigne un juge à la Cour Suprême et ses choix ont échappé aux chaos habituel dans lequel baigne son administration.

L’enjeu est considérable.

Brett Kavanaugh est catholique pratiquant. Sa désignation peut faire basculer la cour Suprême sur des questions de société, notamment l’avortement qui reste une question ouverte, brûlante aux États-Unis.

Sa nomination doit encore être validée par les Sénateurs, avant les élections du mid-term. Ce ne sera pas une formalité. On le verra lundi, les sénateurs ont convoqué le juge et l’accusatrice.

L’affaire mobilise les progressistes mais elle va aussi galvaniser les partisans de Donald Trump.