Brexit : Theresa May reporte le vote à la Chambre des Communes

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

À Londres, la Chambre des Communes devait voter ce mardi soir l’accord sur le Brexit. In extremis, Theresa May a reporté le rendez-vous.

Lâcher du lest, gagner du temps croiser les doigts. À Londres aussi, c’est tendance !
On a cru entendre Theresa May implorer "Encore un instant, monsieur le bourreau".
Le Premier ministre a reporté le vote aux Communes qu’elle était sûr de perdre. L’arithmétique parlementaire est implacable, l’accord avec Bruxelles aurait été retoqué. Dix-sept mois de négociations (ingrates comme un dimanche après-midi à Liverpool) pour rien !
Le Premier ministre a contre elle, un pudding d’europhobes qui sont frustrés, d’europhiles apeurés, d’Irlandais fanatisés, d’Écossais jaloux des Irlandais et de travaillistes disciples de Jérémy Corbyn qui espèrent le grand soir.
À côté de ces rebelles, les gilets jaunes sont des promeneurs.
Mais ils ont un point en commun : ils veulent reprendre le contrôle de leur destin.

C’est en rêvant du grand large que les Anglais ont voté le Brexit.

Deux ans et demi après, ils sont condamnés à rester amarrés à l’Union européenne comme un chien méchant à sa niche.
Dans l’accord négocié par Theresa May, tout paraît indigeste mais le backstop est impossible à avaler. Le filet de sécurité prévoit que le Royaume-Uni reste dans l’Union douanière pour éviter qu’il y ait de nouveau une frontière entre l’Irlande du nord et la République irlandaise. Un arrangement provisoire, tant qu’un accord commercial n’est pas conclu entre Londres et Bruxelles.
Là est le piège : le provisoire pourrait s’éterniser.
Si l’Union européenne n’a pas envie, ou pas intérêt à en sortir, les Britanniques y seront à perpétuité.
C’est comme divorcer, mais rester cloîtré au domicile conjugal, ruiné par la pension alimentaire et soumis à la tyrannie de la maîtresse de maison.
On comprend que le rosbeef se rebiffe : le parlement n’en veut pas, le peuple n’en veut pas, la moitié du gouvernement non plus.
Theresa May veut renégocier le backstop. Bruxelles, Paris, Berlin refusent. Il n’y a aucune lumière au bout du tunnel sous la manche. Le smog est total. Prochaine date butoir, le 21 Janvier.
Présage funeste, la mort d’un roi.