Brexit : les Britanniques font un pas de plus vers la sortie

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les Britanniques font un pas de plus vers la sortie.

Le premier pas, c’était le référendum. Le peuple a dit, good bye l’Europe ! C’était l’été 2016, comme un vertige.
Après le peuple, le gouvernement. Hier, il a entériné l’accord laborieusement négocié avec Bruxelles. Teresa May a dit, "c’est ce deal ou le chaos". Les ministres ont cédé. C’est le deuxième pas, le divorce sans joie, c’est l’automne.
Il reste au Parlement à se prononcer.
On ne voit pas quelle majorité pourrait voter le texte à la Chambre des Communes. Il fait 585 pages, encore plus atroces à résumer que la règle du jeu au Cricket. Sans avoir lu une seule page, les députés travaillistes sont contre, comme la moitié des conservateurs, les loyalistes d’Irlande du nord aussi, sans oublier les indépendantistes écossais.
C’est le troisième pas, le dernier, celui qui coûtera le plus. Ce sera à Noël, et l’hiver sur l’Europe. Filer à l’anglaise n’est pas une partie de plaisir.
Teresa May a dit hier soir que l’accord est conforme au vote des Britanniques qui veulent reprendre le contrôle de leur argent, de leurs lois, de leurs frontières. Elle était dans la rue devant chez elle, alors que le vent balayait les feuilles mortes. Elle aurait été mieux à sa place au large sur le pont d’un de ses deux porte-avions. L’un des ressorts du Brexit, c’est l’hostilité viscérale des Britanniques à toute idée de défense européenne.

C’est la seule puissance militaire en Europe avec la France.

L’armée britannique est la seule que les militaires français reconnaissent. Elle s’est usée en Irak mais elle se reconstitue. On respecte l’ennemi héréditaire.
Les Britanniques ne partagent pas le pacifisme, la mauvaise conscience et le refus de la violence qui sont dans les gênes de l’union européenne.
Sauf que la coopération militaire avec Londres, c’est 20 ans d’illusions déçues.
Les accords de St Malo, ceux de Lancaster house ont fini comme le porte-avions franco-britannique, le pilier européen de l’Otan, la force d’intervention rapide, l’état-major permanent européen. Des chimères de papier.
Ce mercredi soir sur le Charles de Gaulle, Emmanuel Macron vantait l’armée européenne au moment précis où désertaient les seuls avec lesquels faire exister cette utopie.