Andalousie : l'extrême droite veut l'abandon des projets de lois féministes

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Bonjour Vincent Hervouet, pour cette rentrée de janvier, vous faites un focus sur l'Espagne, où le nouveau parti de la droite radicale, Vox, met une condition à son soutien au Parti populaire pour gouverner l’Andalousie. Il veut l’abandon des projets de loi féministes !

Revenir sur le féminisme dans le pays d’Europe qui est allé le plus loin en la matière, c’est une contre-révolution ! Pour comprendre cette pagaille, il faut que je vous raconte la vidéo du week-end. Hier, c’était l’épiphanie. En Espagne, on ne se contente pas de manger de la frangipane, les rois mages apportent aux enfants leurs cadeaux de Noël. Le Parti populaire a tweeté un clip… Un père découvre la lettre de son garçon : "Chers Rois mages, ma chanteuse préférée était Amy Winehouse, et vous me l'avez enlevée, mon acteur préféré était Robin Williams, et vous me l'avez enlevé, mon humoriste préféré était Chiquito de la Calzada, et vous me l'avez aussi enlevé. Je vous écris juste pour vous dire que mon premier ministre préféré est Pedro Sanchez".

C’est un appel au meurtre !

C’est une vieille blague, très "gilets jaunes" ! Mais dans un pays saigné par le terrorisme, on rit jaune. Le parti socialiste s’indigne. Le parti populaire s’excuse. Tout cela très hypocrite, car le premier adore se victimiser et l’autre essayait d’être transgressif. En vérité, les deux vieux partis de gouvernement font l’intéressant à défaut de faire des réformes. Etant incapables de rassembler une majorité, ils tentent de retenir un public.

Pendant quarante ans, ils ont alterné au pouvoir, Bruxelles était leur terre promise, ils gouvernaient au centre. Et puis, les partis se sont émiettés, place aux indépendantistes, aux surenchères idéologiques, Podemos, Ciudadanos et le dernier, Vox comme Vox Populi, le parti de droite qui a surgi dans le bastion socialiste, l’Andalousie. Un tremblement de terre.

Et le féminisme, dans tout cela ?

Vox, c’est le parti anti-immigration et anti indépendantistes. Mais c’est aussi le parti antiféministe ! Depuis quinze ans, tout un arsenal impose une discrimination positive en faveur des femmes dans les entreprises et les administrations et des mesures draconiennes contre la violence machiste. Cela faisait consensus. Les centristes de Ciudadanos et des libéraux du Parti populaire prévoyaient de renforcer encore ces législations.

Pas question dit la droite autoritaire, le troisième allié, dont les voix sont nécessaires pour gouverner l’Andalousie. Le féminisme travaille à la désintégration du modèle de civilisation occidentale. Sacré dilemme pour les dirigeants de la droite espagnole ! Ils aimeraient croire aux Rois Mages. Qu’un retour au pouvoir est possible sans la Reconquista, sans reconquérir le terrain idéologique abandonné depuis quarante ans aux progressistes.