Accord de gouvernement en Italie : le retour des “combinazione”

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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En Italie, le M5S et le parti démocrate ont enfin réussi à trouver un accord pour gouverner ensemble. Il se pourrait que la sortie de crise soit proche.

À Rome, on attend le futur gouvernement de coalition entre le Parti Démocrate et le mouvement 5 étoiles. Le Premier ministre Giuseppe Conté promet "une Italie plus juste" et "le retour au premier plan de l’Europe".

Applaudissement général et la bourse de Milan prend 2% ! À Bruxelles,  Jean-Claude Junker lève son verre. Au Palais du Quirinal, le Président Mattarella sourit jusqu’aux oreilles en accueillant l’ex et futur Premier ministre. Un peu plus, il l’embrassait. Voilà un homme que tout le monde apprécie, il est discret, il fait sérieux, il parle doucement. Il y a un an et demi, personne ne le connaissait. Désormais, il avance dans une nuée d’encens. Le week-end dernier encore, il débarquait à Biarritz avec sa tête sous le bras. Et Donald Trump a dit du bien du petit chose. Et l’autre Donald, Donald Tusk qui présidait le Conseil européen a surenchéri.

Cette unanimité a une explication. Elle s’appelle Salvini et Di Maio. Giuseppe Conté est rassurant à coté de ses deux vice-Premiers ministres. C’est eux qui l’avaient choisi comme arbitre et qui l’ont fait roi. Et le conte de fées, le conte à dormir debout, c’est que Giuseppé n’est pas considéré comme coupable, ou responsable, de la politique du gouvernement qu’il dirigeait.

Ce jeudi, il a promis un nouvel humanisme, des investissements dans le Mezzogiorno, le respect de l’environnement. Il a parlé de tout sauf de l’immigration !  C’est juste le sujet qui électrise l’Italie depuis deux ans.

Giuseppe Conté doit réussir un Rubik’s cub ce week-end, distribuer équitablement les ministères aux sociaux-démocrates et aux mouvement 5 étoiles. Mais c’est un jeu d’enfant, à côté du vrai défi : assumer la politique qu’incarnait Mattéo Salvini. Ou bien, laisser tomber la ligne dure sur l’immigration qui déroute les bateaux des ONG, dissuade les passeurs et décourage les migrants.