Violences sexuelles dans le sport : la ministre doit mettre les mains dans le cambouis

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Alors que plusieurs scandales de violences sexuelles ont éclaté ces derniers jours dans le monde du sport et notamment du patinage et de l'équitation, le ministère organise la convention nationale des violences dans le sport à Paris au Comité national olympique. Pour Virginie Phulpin, la ministre des Sports doit s'engager davantage pour lutter contre ce fléau.

La ministre des Sports réunit ce vendredi une Convention nationale pour la prévention des violences sexuelles dans le sport. Pour Virginie Phulpin, on a changé d’ère et cette réunion ne pourra pas être un coup d’épée dans l’eau.

Les temps changent et heureusement. On n’est plus en 2008, quand Roselyne Bachelot, alors ministre des Sports, avait lancé une grande enquête sur les violences sexuelles dans le sport. Une enquête intéressante qui montrait les dangers encourus par les mineurs dans les clubs et les fédérations. Un plan de lutte avait été élaboré, avec une charte de bonne conduite et une campagne d’information et de communication. La philosophie était bonne, évidemment, mais ça paraît tellement naïf aujourd’hui. Signer une charte ne sert à rien, ou presque. On s’en rend bien compte, 12 ans plus tard, avec les témoignages qui affluent. Il faut taper plus fort, on ne peut pas compter sur la simple bonne volonté des uns ou des autres, sinon rien ne change. Roxana Maracineanu a conscience de l’urgence. La preuve, la ministre a convoqué cette convention nationale très vite après la multiplication des témoignages de victimes. 

Cette réunion qui va permettre de faire un état des lieux précis doit être un point de départ. Et c’est au ministère de prendre les choses en main. Pourquoi est-ce que ça doit venir d’en haut ? Parce que les fédérations s’agitent toutes en ce moment après les scandales et qu’il faut coordonner tout ça. Ensuite la problématique est transversale. Ça touche aussi bien le patinage que le tennis, l’équitation, le ski ou l’escalade. Donc chacun ne peut pas régler le problème dans son coin, il faut des solutions globales. Et puis certaines fédés ont clairement failli. La lutte contre les violences sexuelles est très hétérogène. Il faut donc uniformiser le combat et c’est le rôle du ministère.

Le ministère doit-il s’inspirer d’initiatives existantes ?

Virginie Phulpin pense au test fait dans la région Centre Val de Loire sur les 10.000 licenciés de la fédération française de football. Les acteurs vont être entendus ce vendredi, c’est une bonne base. Avec ce test, on vérifie le casier judiciaire des bénévoles. Pour l’instant, ça n’est pas obligatoire mais ça doit le devenir. Il faut une loi pour que les bénévoles ne puissent pas avoir un quelconque antécédent dans une affaire de violence sexuelle.

Si le ministère gère tout, ça évitera aussi que les éducateurs condamnés puissent tranquillement passer d’une fédération à une autre sans être inquiétés. 

Roxana Maracineanu commence un travail de fond. On défriche, une nouvelle réunion est prévue en mai. Il faut ces rendez-vous réguliers. C’est le début d’une nouvelle gouvernance. Et franchement, c’est plus important que les batailles d’égos pour savoir qui va remplacer Didier Gailhaguet à la tête de la fédération des sports de glace.