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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mardi, Virginie Phulpin s'intéresse au retour de Roger Federer sur les courts ce mercredi à Doha après plus d'un an d'absence. Selon elle, c'est un retour risqué mais qui se veut passionnant.

Roger Federer fait son retour sur les courts de tennis. Ce mercredi, il va disputer à Doha son premier match depuis plus d’un an. Pour Virginie Phulpin, c’est un retour risqué, et c’est ce qui lui donne toute sa saveur.  

S’il y a bien un sportif qui n’a plus rien à prouver à personne, c’est Roger Federer. Vous connaissez le tableau : 20 titres du Grand Chelem, une aura incomparable sur le circuit et des gestes d’une pureté à faire pâlir d’envie les eaux de sources du monde entier. Il aurait pu « profiter » entre guillemets de ses opérations aux deux genoux pour tirer sa révérence, les larmes des fans auraient rejoint les torrents de sanglots de cette année de tristesse pandémique. Personne n’aurait rien trouvé à y redire. Après tout, Roger Federer va bientôt avoir 40 ans, il a déjà laissé sa marque pour toujours dans l’histoire du tennis, il a quatre enfants et de quoi les nourrir sur quelques générations.

Mais ce ne sont pas deux genoux récalcitrants qui vont décider du moment où il prendra sa retraite. Pas le genre de la maison. Bien sûr que ça sent le dernier tour de piste. Mais il est là, il est revenu, le divin enfant de la balle jaune. Alors qu’est-ce qui le fait courir comme ça ? Il y a une réponse toute simple : il aime le tennis. Profondément. Et le tennis lui rend bien. Il rêve forcément aussi d’ajouter un grand chelem à son palmarès, il le dit, son objectif, c’est d’être à 100 % pour Wimbledon, sa deuxième maison. Et ça doit le titiller également de participer encore à ce match à trois avec Rafael Nadal et Novak Djokovic pour le titre honorifique de meilleur joueur de l’histoire.

Mais quand on le voit sourire comme un gamin en retapant dans la balle, on se dit que les titres et les rivalités ne sont qu’accessoires. Ce qui me frappe c’est la passion qui le pousse à revenir.  

C’est quand même un retour risqué, on n’est pas sûr de revoir Roger Federer au même niveau qu’avant 

Oui, il se met en danger. Et c’est ça qui est beau. Roger Federer a toujours intimidé ses adversaires. Pas par son comportement, mais par ce qu’il est, ce qu’il représente. Alors que là, en revenant après plus d’un an d’arrêt, il va être beaucoup moins impressionnant. Et les jeunes loups du circuit ne rêvent que d’une chose : se trouver sur son passage, faire tomber l’idole et le pousser à la retraite. Pour se prouver qu’ils peuvent le faire, pour capter une part de lumière qui émane de Roger Federer.

Et lui, il prend le risque de se faire balayer par des sans-grades, simplement parce qu’il a envie de jouer. Alors attention, on parle de Roger Federer. S’il ne sentait pas qu’il pouvait revenir tout proche de son meilleur niveau, il ne serait sans doute pas là. Mais à 40 ans, la machine peut mettre un peu de temps à retrouver sa vitesse de croisière. On en a connus, des retours ratés, dans le tennis. Il prend le risque d’écorner son image et de froisser son polo parce qu’il aime trop le jeu. Qu’est-ce qui est plus sportif que ça ?