Face à la crise du coronavirus, Emmanuel Macron est obligé de déléguer

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Le fait politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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En cette période de défiance accrue vis-à-vis de l'exécutif, Emmanuel Macron est contraint de déléguer et d'avoir un fonctionnement moins vertical du pouvoir. Comme l'analyse Michael Darmon dans son fait politique du jour, lundi, le chef de l'Etat est passé de l'hyper-présidence à l'hyper-concertation.

Sous l’effet de la crise, c'est un véritable changement dans la pratique du pouvoir par Emmanuel Macron qui s'opère : le Président a l’habitude de centraliser toutes les décisions mais c’est désormais fini. Pour quelles raisons ?

Parce que la crise du coronavirus est trop grave pour la laisser entre les seules mains présidentielles. La France compte déjà 2.600 morts et comme l'a dit un de ses conseillers au Président dès le début de l’épidémie, "on ne pourra pas s’en sortir si on ne change pas la méthode".

Depuis deux semaines la méthode présidentielle a déjà beaucoup évolué. Emmanuel Macron sait qu’il n’est pas compétent sur le terrain médical alors qu’il y a des décisions lourdes à prendre. D’où les comités scientifiques rassemblés autour du chef de l'Etat pour l’aider à la prise de décision sur le plan sanitaire.

Emmanuel Macron a donc appris à déléguer. Et ça marche : rien à voir avec la période de la réforme des retraites où le président voulait décider de tout. Les comités vont donc se multiplier : il y a déjà les médecins les scientifiques et les religieux, le chef de l'Etat a l’intention de former des comités pour les questions juridiques et économiques. 

Emmanuel Macron passe de l’hyper-présidence à l’hyper concertation. Il laisse la gestion quotidienne de la crise du confinement à Édouard Philippe, qui a annoncé le nouveau calendrier du confinement, ce que devait faire le Président à l’origine.

Emmanuel Macron reste le patron, c’est lui qui a le mot de la fin. Mais ces comités sont en train de prendre le pas sur les ministres au risque de marginaliser un gvt qui a déjà du mal à convaincre les Français.