Le polar de Poirette - "L’accident de l’A35", de Graeme Macrae Burnett

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Le polar de Poirette est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Chaque samedi, Bernard Poirette vous fait découvrir ses coups de cœur en matière de polar.

La Mercedes du notaire Bertrand Barthelme a quitté à pleine vitesse l’autoroute A35 un mardi soir pluvieux, entre Strasbourg et Saint Louis. La voiture a percuté un arbre et le conducteur est mort. Il n’a même pas essayé de freiner. C’est ce que constate sur place l’inspecteur Georges Gorski qui doit ensuite annoncer la terrible nouvelle à la veuve, la séduisante et bien plus jeune Lucette, affligée d’un garçon unique et revêche de 16 ans prénommé Raymond.

Surprise : Lucette et son fils n’ont pas l’air plus affectés que ça par la mort de leur cher époux et père. Bon, se dit Gorski. Le notaire était peut-être antipathique. N’empêche que sa mort n’a rien de mystérieux ou criminel… un banal accident de la route, pas de quoi se mettre la rate au court bouillon. A ceci près que maitre Barthelme, ce soir-là, était censé dîner comme chaque mardi avec ses trois meilleurs amis. Il était absent de ce prétendu repas, servi comme argument d’absence depuis des années. D’où revenait donc le notaire de Saint Louis ? Avant de clore le dossier, Gorski veut savoir.

"Un délice de littérature simple, efficace et profond"

 

Il va donc enquêter, à sa façon, très particulière. Il est alcoolique, il est lent, il semble peu sûr de lui, il est solitaire et plutôt mélancolique. Mais avant tout, il est accrocheur comme un Fox Terrier, l’air de rien, comme ça, entre quelques chopines au bar la Cloche et les soirées soupe chez sa vieille mère Alzheimer. Et quand il a mordu dans quelque chose, une vielle haine, une jalousie quelconque, une coucherie avérée, alors… Gorski ne lâche plus et va au bout de la Vérité, quoi qu’il en coûte dans le cas présent à la bonne société de Saint-Louis. 

"L’accident de l’A35", de Graeme Macrae Burnett - aux éditions Sonatine - est aussi enthousiasmant que son précédent roman "La disparition d’Adèle Bedeau". Exactement dans la ligne et l’esprit de l’immense Simenon. Autrement dit : un délice de littérature simple, efficace et profond. Magnifique.