Les vêtements intelligents, L’art de retourner sa veste de Bruno Fuligni et les Restos du Cœur

SAISON 2016 - 2017
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Elisabeth Assayag, Nicolas Carreau et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

 

Elisabeth Assayag pour la consommation

L'Union des industries textiles présente ce matin le bilan des neuf premiers mois de l'année.
Un bilan stable mais avec une forte part dans le développement des textiles intelligents.

Qu'est-ce que les textiles intelligents ?
 
Les textiles intelligents, c'est la révolution numérique qui s'introduit dans les tissus. Par exemple, des oreillers munis de capteurs qui analysent les phases de notre sommeil et sont capables d'interagir avec nous pour que l'on se réveille au bon moment d'un cycle de sommeil.
Il existe une start-up qui s'appelle Cityzen Sciences qui a mis au point des vêtements pour la montagne qui mesurent la fréquence respiratoire en fonction de l'altitude.
On peut également citer la marque Induo qui va révolutionner le domaine de la mode. Cette start-up française a développé une chemise intelligente capable d'absorber toutes les tâches. Et ça donnera une chemise qui n'aura pas de tâches, ni de marque de transpiration. Le tissage et les traitements de la chemise modifient le coton en profondeur grâce à des molécules qui transforment les fibres.
C 'était des molécules utilisées dans le domaine militaire et médical mais pas encore dans le domaine de la mode.
Vous avez aussi les tissus qui changent de couleur en fonction de la météo. Ces e-textiles, comme on les surnomme, sont capables de communiquer et de changer de taille. D'ailleurs la dernière gagnante d'un concours innovation de la marque anglaise Top shop compte lancer notamment des blazers chauffés, capables de détecter le stress ou de corriger une posture.
 
Ce sont des vêtements intelligents mais le textile intelligent, c'est autre chose ?
 
Oui, on l'utilise dans tout. Par exemple sur la route, vous pouvez ajouter du textile intelligent que vous posez sous le bitume pour réchauffer les routes et éviter les risques de verglas. Ou encore dans l'aéronautique pour alléger le poids de l'avion. Ces fibres dites thermoplastiques ont un poids inférieur de 40% par rapport à des fibres classique et même le bruit est réduit.
Il ne faut pas oublier que l’industrie du textile était un secteur sinistré et avec ces produits intelligents, les écoles d’ingénieurs consacrent désormais des formations là-dessus.
La croissance est non-stop et d'après les derniers chiffres, le marché fonctionne mieux surtout en partie grâce aux exportations qui sont en hausse de 5%.

 

Nicolas Carreau pour le Livre du jour

L’art de retourner sa veste de Bruno Fuligni à La Librairie Vuibert.

Un livre dans l’air du temps.

Un essai de l’historien Bruno Fuligni intitulé : L’art de retourner sa veste. Un livre qui s’intéresse donc à la trahison, à la félonie et à la "ragusade".

La "ragusade" ?

Oui. C’est un terme qui a un peu disparu mais qui fut longtemps un synonyme d’opportuniste. Et c’est aussi la première histoire incroyable que nous raconte Bruno Fuligni dans ce livre. La ragusade fait référence à la cité de Raguse, mieux connue sous le nom de Dubrovnik aujourd’hui. Raguse avait mis en place un système politique idéal. Le chef de la cité, pour aller vite, était choisi parmi les citoyens et changeait tous les mois. Mais pendant ce mois, le "Recteur", le chef, n’avait pas le droit de quitter le palais, entouré uniquement des fonctionnaires de la république, sans courtisan, sans diner, sans rien, uniquement tourné vers la bonne gestion de la cité. Raguse a tenu longtemps mais Napoléon a fini par s’en emparer. L’empereur a nommé un homme à lui, le général Marmont à la tête de la cité. Sauf que lui n’avait pas du tout l’intention de lâcher le pouvoir au bout d’un mois. Il est devenu duc de Raguse grâce à Napoléon, mais ça ne l’a pas empêché de le trahir en 1814, c’est-à-dire au moment de sa chute, pour rejoindre ensuite le roi Louis XVIII. Le duc de Raguse est donc devenu un nom commun, la ragusade, la trahison.

Ce sont surtout des hommes politiques donc ?

Il y en a beaucoup, bien sûr. Des très célèbres, comme Mirabeau, évidemment, à la révolution. Mais on rencontre aussi des girouettes dont le nom a été oublié et d’autres plus surprenant, comme le peintre David, par exemple. Célèbre notamment pour ses tableaux à la gloire de l’empereur, encore lui. Comme le sacre de Napoléon. Mais avant ça, il mettait son art au service du roi Louis XVI, dont il a voté la mort quand le vent a tourné. Il est devenu ensuite le peintre de la république, avec la mort de Marat, vous savez dans sa baignoire. Et puis, un dernier : Jules Verne ! Conservateur d’abord, anti-républicains, il se fera élire au conseil municipal d’Amiens sur la liste républicaine radicale.

Pour mieux connaitre les opportunistes donc : L’art de retourner sa veste de Bruno Fuligni à la Librairie Vuibert.

 

Marion Calais pour la presse quotidienne régionale

À la Une, les Restos du Cœur !

"Jour d'ouverture" titre ce matin la Dépêche du Midi. La 32e campagne d'hiver est lancée aujourd'hui. "Les bénévoles mobilisés" titre Paris Normandie. La Nouvelle République des Pyrénées s'intéresse aussi aux coulisses des Restos. Dans les Hautes-Pyrénées, quelques 300 personnes s'investissent au quotidien pour venir en aide aux plus démunis, de plus en plus nombreux.
Une augmentation du nombre de bénéficiaires qui pose parfois problème, comme dans la Sarthe. Selon le Maine Libre, dans de nombreuses villes comme au Mans, l'association manque désormais de place pour pouvoir accueillir tout le monde.
Et La Voix du Nord de rappeler qu'à l'époque de Coluche, les Restos, c'était huit millions de repas distribués par an contre 130 millions aujourd’hui. L'organisation doit donc parfois s'adapter. C'est ainsi que dans les Hauts-de-France plusieurs petits centres ont été fermés pour mutualiser les moyens, provoquant la colère des bénévoles qui ont le sentiment de se retrouver sur le carreau.

La personnalité du jour, un octogénaire inventif !

Il s'appelle Marcel Mothes et il a 86 ans. C'est un ancien chauffeur routier, reconverti aujourd'hui en Géo Trouve Tout, qui vient d'inventer, raconte l'édition du soir de Sud Ouest, une centrale hydroélectrique domestique, installée sur son balcon. Le dispositif comporte un réservoir d'eau, en l'occurrence une grande poubelle. Un piston pour faire circuler le liquide qui sous pression actionne une turbine raccordée à un générateur. L'eau est ensuite réinjectée dans le circuit avec une motopompe et le tour est joué. Marcel produit chez lui à Albi de quoi alimenter ses radiateurs, son frigo, son ventilateur, sa télévision et ses éclairages, sans produire la moindre pollution. Pour sa machine, Marcel a déposé trois brevets. Maintenant, l'octogénaire recherche des investisseurs et des ingénieurs qui pourraient valider son projet. Lui a écrit à la ministre de l'Écologie et à son député qui l'a renvoyé vers l'école des mines d'Albi-Carmaux. "Tout cela me donne l'impression qu'il va falloir que je ne compte que sur moi-même". Et Marcel de conclure qu'il continuera de défendre son projet c'est essentiel, dit-il pour l'avenir de nos enfants.

 

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