Le Canada, première nation du G7 à légaliser le cannabis

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Le monde dans votre radio est une chronique de l'émission Le grand journal du soir - Nathalie Lévy
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Le Canada s'apprête à légaliser l'usage du cannabis. Une promesse de campagne de Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, qui estime qu'il s'agit d'une mesure de santé publique afin de mieux encadrer la consommation.

Emmanuel Macron arrive mercredi soir au Canada, juste au moment où le pays vient de prendre une décision historique en légalisant totalement l’usage du cannabis. La loi est votée précisément jeudi. Comment est-ce que Justin Trudeau justifie une telle mesure ?

D’abord comme une mesure de santé publique. C’était une de ses promesses de campagne. Le constat du Premier ministre canadien, c’est qu’aujourd’hui, la répression ne dissuade pas les jeunes. C’est même plus facile, dit-il, de trouver un joint que d’acheter une bière. Même en dépensant deux à trois milliards de dollars chaque année, la police canadienne ne parvient pas à enrayer une consommation de cannabis qui touche un ado sur cinq, et un tiers des jeunes adultes. Des taux parmi les plus élevés du monde.

L’idée c’est donc de légaliser pour mieux encadrer ?

Voilà, c’est ça. D’abord la production, avec uniquement des fournisseurs agréés. Ensuite la distribution, avec interdiction de vendre aux moins de 18 ans. Pas de marque, packaging neutre avec avertissements de rigueur… Il ne s’agit pas de laisser la moindre place au marketing. Et interdiction formelle, évidemment, de conduire sous l’emprise du cannabis, avec renforcement des contrôles et des sanctions. Ensuite, chaque région pourra définir les lieux autorisés à en vendre. Au Quebec par exemple, ce sera uniquement des magasins d’Etat. Si elle est bien votée demain, la loi doit entrer en vigueur cet été.

Il y a déjà eu plusieurs Etats américains qui ont légalisé le cannabis. Est-ce qu’on a une idée des premiers effets ?

Oui, neuf Etats, dont la Californie ou le Colorado. Succès commercial indéniable. Et aussi pour les caisses publiques. Mais en matière de santé, les spécialistes disent qu’il est encore tôt pour faire le bilan, en termes d’addiction, ou de risques psychologiques. Du coup, le Canada, premier pays riche à légaliser à grande échelle, risque bien de devenir une sorte de laboratoire scruté dans tous les pays où on a connu ce débat. Quels effets sur la consommation ? Sur le crime organisé ? Dans le Colorado par exemple, on a vu que du coup, les trafiquants s’étaient tournés vers les drogues dures, avec donc des produits encore plus nocifs. Ce qui est sûr, c’est que ça va créer un business, qui sera au Canada potentiellement plus gros que celui du tabac. Et des entreprises sont déjà positionnées. L’une d’elle, qui a prospéré dans l’usage médical - déjà légal - est devenue récemment le premier producteur de cannabis coté à la bourse de New York !

Allons en Espagne maintenant où la colère gronde du côté des femmes de chambre. Henry de Laguérie, vous êtes à Barcelone pour Europe 1. Ce sont les petites mains du tourisme de masse, et elles racontent des conditions de travail ahurissantes !

Oui, elles ont entre 45 et 55 ans, elles passent leur journée à préparer des chambres d’hôtel, à faire les lits, à nettoyer des salles de bain. Le tout pour 2,50 euros en moyenne par chambre et ce quel que soit la catégorie de l’hôtel.
Les cadences sont infernales. Elles nettoient une trentaine de chambres par jour, souvent les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées et elles enchaînent des contrats de quelques jours depuis que les hôtels ont externalisé l’entretien des chambres à des sociétés sous-traitantes. C’est la réforme du droit du travail en Espagne qui a accéléré la précarisation de leur emploi, alors que ces femmes sont pourtant un rouage essentiel de l’industrie du tourisme en Espagne.

Et cette fois elles s’organisent ?

Oui, un collectif s’est créé à Barcelone et a essaimé dans toute l’Espagne. Ces femmes, sud-américaines pour la plupart, se font appelées les Kellys, acronyme de "las que limpian", celles qui nettoient. Depuis quelques mois, elles multiplient les rassemblements au pied des hôtels, elles suspendent aux fenêtres des chambres qu’elles nettoient des banderoles pour faire prendre conscience aux touristes de leur situation. Elles se sont également mises en grève plusieurs fois. L’objectif est clair, rendre visible un service aussi indispensable que méprisé.

Est-ce que ça marche ? Est-ce qu’elles sont entendues ?

Oui, les porte-paroles des Kellys ont été reçues il y a quelques jours par le chef du gouvernement - c’était encore Mariano Rajoy. Mais surtout, un texte de loi pour améliorer leurs conditions de travail est à l’étude au Parlement. La loi Kellys comme on l’appelle ici, devrait interdire aux hôtels de faire appel à des entreprises sous-traitantes. La pénibilité de leur travail devrait être d’avantage prise en compte. Cette mobilisation porte donc ses fruits, à tel point que pour d’autres collectifs de travailleurs, la lutte de ces femmes de chambre est devenue un exemple à suivre.

En bref, on sait maintenant que le sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un aura bien lieu, à Singapour la semaine prochaine. Ce qu’on ne connaissait pas, c’est le nom du lieu précis !

Ça va se passer sur une petite île en face de la cité de Singapour. Une île paradisiaque qui accueille d’habitude touristes et golfeurs, mais dont le surnom n’est pas forcément de circonstance pour un sommet censé aboutir à la paix. On l’appelle "l’île de la mort" ! Pourquoi ? Parce qu’elle est tristement connue pour ses exécutions pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle abritait un camp japonais où étaient détenus des prisonniers britanniques et australiens. Depuis, le gouvernement l’a renommé "ile de la tranquillité". On verra lequel de ces surnoms prévaut cette fois-ci.