Le mariage coûteux de Bayer et Monsanto

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

Ce matin, on s'intéresse à un mariage.

Un mariage qui intervient après de longues fiançailles, c'est celui de Bayer et de Monsanto. Un mariage couteux ! Bayer qui est un géant allemand de la chimie (l'un des plus gros pharmaceutiques du monde) a du débourser près de 55 milliards d'euros pour s'attirer les faveurs de l'américain. Il fallait bien cela, Monsanto s'est longtemps refusé à Bayer et a fait monter les enchères. Un tel chèque c'est tout simplement la plus grosse acquisition d'un groupe allemand à l'étranger. Et si on parle c'est que l'opération a été bouclée ce jeudi. Il y a encore quelques aménagements à faire dans l'appartement commun mais c'est bon, tout est finalisé.

Monsanto, un groupe un peu sulfureux ?

Monsato est surtout connu pour ses OGM. C'est aussi le créateur de produits au centre de la polémique pour leurs effets potentiellement néfastes comme le Glyphosate. L'entreprise a été aussi plusieurs fois au centre de scandale sanitaire. Du coup, pour gommer cette image, pas question d'avoir un nom composé. La marque Monsanto disparait, il ne va rester que Bayer. "Monsanto avait l’image du diable", reconnait Franck Garnier, le patron de Bayer en France. Mais seule la marque disparait, les produits même les plus contestés restent. Bayer est malgré tout conscient qu'il faut travailler sur les alternatives au glyphosate, en raison de la pression de l'opinion publique.

En quoi Monsanto est si intéressant pour Bayer ?

Au-delà de toutes les polémiques, Monsanto est très en pointe sur tout ce qui permet de produire plus. Mais au moment où il va falloir toujours produire plus sur des surfaces restreintes pour nourrir les populations toujours plus nombreuses, les produits de Monsanto sont considérés comme une mine d'or. La direction de Bayer compte bien profiter à fond de l'avance de Monsanto dans les biotechnologies des plantes. C'est vraiment pour cela que l'Allemand a cassé sa tirelire. Son patron le disait cette semaine dans la presse allemande : "Nourrir une population mondiale croissante est un défi à long terme, auquel nous voulons contribuer" ! Et c'est en raison de ce défi que le secteur s'est beaucoup concentré ces dernières années. Grosso modo, il y a maintenant trois gros groupes dans le monde dont Bayer. Ce qui fait craindre aux écologistes notamment que ces groupes dictent les futurs standards de qualité. Des qualités bien évidemment assez éloignées du bio ou du zéro pesticide.