General Electric ne tiendra pas ses engagements chez Alstom

SAISON 2017 - 2018 , modifié à
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

La parole de l'État n'a pas toujours beaucoup de poids.

Au moment de la vente de la branche énergie d'Alstom à General Electric, l'Américain sûr de son affaire et histoire de faire passer la pilule à Arnaud Montebourg alors ministre, avait promis en grande pompe 1.000 embauches nettes à la fin de cette année. Comme il l'a reconnu ce jeudi, il en est très loin puisqu’il en est seulement à 323. Du coup, c'est certain, l'engagement ne sera pas tenu. Une promesse similaire avait été faite lors du rachat d'Alcatel par Nokia et, là aussi, ce ne sera pas respecté.

Pourquoi ne tiennent-ils pas leurs engagements ?

Les deux cas sont assez similaires. Prenons l'exemple d'Alstom. Le marché de l'énergie est beaucoup moins porteur que ce qui était prévu lors du rachat. Du coup, il n'a pas besoin d'embaucher. On ne va pas recruter des gens à ne rien faire affirme une source bien au courant du dossier.

Ces promesses faites en grande pompe lors des rachats ce sont donc des promesses en l'air ?

Dans le cas d'Alstom, il y a pourtant une amende prévue si General Electric ne respecte pas ses engagements. C'est 50.000 euros par emploi non créés. Si on devait en rester au chiffre annoncé ce jeudi, ça ferait une amende de 30,4 millions pour General Electric. Ça peut paraitre énorme mais pour un groupe de cette taille là, ce n'est rien. Surtout que certains le reconnaissent en interne, ça coûte finalement moins cher de payer cette amende que de recruter des gens à ne rien faire pour réaliser la promesse. Donc au final, chez Alstom comme chez les autres, l'État ne peut pas faire grand-chose au-delà de faire mine de monter la voix et de faire un peu pression sur les entreprises. On est vraiment dans de la communication.

On va donc en rester là ?

General Electric n'a aucun intérêt à trop se fâcher avec l'État malgré tout. Selon nos informations, ils cherchent donc en ce moment des moyens pour faire bonne figure. Un nouveau rendez-vous est prévu en septembre avec Bercy. Il devrait arriver avec des idées de compensation, moins d'emplois mais peut être des investissements dans d'autres métiers. En tout cas pour que ces engagements soient crédibles lors des prochains rapprochements, comme celui qui se négocie en ce moment entre Siemens et la branche cette fois transports d'Alstom, l'État va avoir intérêt à se montrer un peu vigilant. C'est en effet la crédibilité de sa parole qui est en jeu.

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