Le nucléaire, une folie économique dans laquelle on s’entête ?

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h30
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Nicolas Hulot est parti, mais le nucléaire est toujours là. Une "folie économique" dans laquelle la France "s’entête", ce sont les mots de l’ancien ministre. La France doit-elle changer de modèle ?

C’est la question stratégique qu’il faut trancher aujourd’hui. Le départ de Nicolas Hulot tombe à un moment clé pour l’avenir du nucléaire en France. Pourquoi ? Parce que toutes nos centrales ont été construites dans les années 70 et 80. Compte tenu de la durée de vie des réacteurs, qui est de 40 à 50 ans, c’est maintenant qu’il faut décider de renouveler (ou non) le parc. Est-ce qu’on s’entête comme dirait Hulot, ou pas ? Le gouvernement doit publier dans les semaines qui viennent son "programme pluriannuel de l’énergie", en clair sa feuille de route des dix ans à venir.

Et donc clarifier la place qu’il veut donner au nucléaire ?

Effectivement car ce n’est pas clair du tout. EDF veut que l’État s’engage sur le renouvellement du parc, c’est normal. Et il a obtenu que la part du nucléaire dans la production d’électricité ne soit pas ramenée de 75% à 50% d’ici 2025, mais que cet objectif soit renvoyé à plus tard, sans qu’on fixe de date. Ce qui complique les choses pour l’avenir du nucléaire, c’est le coût. Est-ce une "folie économique" comme dirait Nicolas Hulot ? C’est vrai, le nucléaire n’est plus aussi compétitif qu’il l’a été. Les énergies alternatives comme le solaire le sont de plus en plus. Et la technologie EPR, le nucléaire de troisième génération, plus sûr, est un gouffre financier. La facture de l’EPR de Flamanville, qui sera en service l’an prochain, atteint 11 milliards d’euros, trois fois et demie le montant prévu au départ. Même dérive en Finlande, où se trouve aujourd’hui Emmanuel Macron et où la France termine avec peine la construction d’un EPR qui aura coûté quatre fois plus cher que prévu.

Il faut peut-être arrêter ces folies.

Sauf que ce nucléaire de nouvelle génération, maintenant, ça marche : la Chine vient de mettre en service quatre réacteurs de troisième génération depuis le mois de juin. Le Royaume-Uni, cet été, a lui aussi confirmé ses choix nucléaires et même décidé d’accélérer. Donc vous le voyez, d’autres pays, et pas des moindres, "s’entêtent", dirait Hulot, et choisissent un modèle mixte dans lequel le nucléaire, qui n’émet pas de CO2, a toute sa place. C’est cet équilibre entre toutes les sources d’énergie qu’il faut rechercher plutôt que de faire une croix un peu vite sur l’énergie atomique.

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