La Belgique remplace ses F16 mais n’achète pas européen !

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

C’est une gifle pour l’Europe de la défense : la Belgique s’apprête à choisir un avion de chasse américain, le F35, plutôt que d’acheter européen.

C’est un choix incompréhensible voire scandaleux pour beaucoup d’Européens, à l’heure où Donald Trump sanctionne l’Europe sur le plan commercial, l’accuse de ne pas dépenser assez pour sa défense et menace de couper le budget de l’Otan. Le gouvernement belge, tout en se prétendant partisan de l’Europe de la défense, fait rigoureusement le contraire. Selon de multiples sources en Belgique, il s’apprête à annoncer l’achat de 34 chasseurs F35 de Lockheed Martin pour 2,5 milliards d’euros. Alors qu’il existe des alternatives européennes avec l’Eurofighter, fabriqué notamment par Airbus et le britannique BAE Systems, ou encore avec le Rafale de Dassault qui a prouvé ses qualités au combat contrairement au F35.

La Belgique n’est pas la seule à choisir américain en Europe.

En effet, les Pays Bas ont déjà commandé des F35 alors que cet appareil n’est pas encore tout à fait opérationnel. Il a été utilisé pour la toute première fois au combat fin septembre. Il coûte une fortune, il a subi de nombreuses déconvenues. Cette "préférence américaine" de la part de pays comme la Belgique, les Pays-Bas mais aussi la Norvège et le Danemark est sidérante. Les États-Unis dépensent chaque année 700 milliards de dollars pour leur défense contre 220 milliards d’euros pour toute l’Europe. Et les Américains jouent à fond la préférence nationale. La seule fois où un contrat militaire majeur a failli être remporté par des Européens, c’était il y a 10 ans pour des avions ravitailleurs fabriqués par Airbus. Mais le Congrès a bloqué ce contrat de 35 milliards de dollars qui est revenu finalement à Boeing. En optant pour le F35, le gouvernement belge tire une balle dans le pied des Européens et accentue la dépendance stratégique à l’égard des États-Unis. Mauvais choix.