Faut-il rétablir l'impôt sur la fortune ?

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L'édito économique est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Faut-il rétablir l’ISF ? C’est l’une des revendications les plus souvent entendues ces derniers jours.

Le président de la République, hier, lors du conseil des ministres, a voulu couper court au débat : pas question de revenir sur la réforme de l’ISF qui, vous le savez, ne porte plus aujourd’hui que sur la fortune immobilière. Cette réforme, c’est d’abord une philosophie: oui à la taxation de la pierre car il s’agit d’investissements non productifs, non à la taxation des placements -des actions, de l’assurance-vie- car ils favorisent l’activité, l’emploi et l’investissement dans les entreprises françaises. Mais au-delà, cette réforme de l’ISF est aussi un symbole : celle de la capacité d’Emmanuel Macron à réformer. Car après tout, alors que l’ISF était critiqué depuis des années pour ses effets économiques négatifs, aucun président n’avait osé le réformer comme lui. La réforme de l’ISF, c’est le symbole d’un pouvoir qui ose faire ce que les autres n’ont pas fait. Y renoncer, ce serait en quelque sorte abdiquer toute volonté de changement.

 

 

Mais cette réforme de l’ISF est-elle réellement une bonne chose sur le plan économique ?

Cette réforme a eu tout de suite un impact psychologique énorme. Or l’économie, c’est aussi de la psychologie et de la confiance. C’était un signal adressé par la France pour dire : "nous favorisons la prise de risque et l’entreprenariat". Est-ce qu’elle s’est traduite par plus d’investissements dans les entreprises ? Il est trop tôt pour le dire. La loi prévoit une évaluation en 2020, difficile de faire beaucoup mieux. Ce que l’on peut dire, en revanche, c’est qu’elle a coûté trois milliards d’euros et que ces trois milliards d’euros, au lieu d’atterrir dans les caisses de l’État pour financer des dépenses publiques, sont toujours dans le circuit de l’économie privée, dans des placements, dans des actions d’entreprises. On en revient donc à la philosophie et à la question de fond des prélèvements : voulons-nous un État qui prélève plus ou un Etat qui prélève moins ? Coïncidence : l’OCDE publiait hier une étude montrant que la France est la championne du monde de la pression fiscale. De ce point de vue, rétablir l’ISF ne serait peut-être pas la meilleure idée économique de l’année.

 

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