Législatives partielles : LR sable une double victoire

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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ÉDITO - Le second tour des législatives partielles, dans le Val-d’Oise et le territoire de Belfort, a permis au parti de Laurent Wauquiez de faire un doublé, et de s'affirmer un peu plus comme la seule opposition effective à Emmanuel Macron.

Les Républicains 2-0 La République en Marche!. Au foot, on parlerait d’un score sans appel, dans un stade cependant déserté par les supporters. Sauf qu'on ne parle pas de football, mais d'élections, et ce sont les électeurs qui ont déserté les urnes. Dans le Val-d’Oise, huit sur dix sont restés chez eux dimanche.

En Marche! marque le pas. Malgré la très forte abstention, les résultats ne sont pas sans signification. Ils témoignent d’un échec pour le parti du président, et d’un camouflet pour le premier ministre Edouard Philippe qui était venu en personne, accompagné de Christophe Castaner, apporter son soutien à la députée sortante du Val d’Oise. Il était même présent sur les affiches de campagne, mais ni suffisamment vendeur, ni suffisamment mobilisateur, semble-t-il.

Toute majorité sait que les élections intermédiaires sont souvent difficiles pour elle. Emmanuel Macron le vérifie à son détriment, les sénatoriales de l’automne étaient un premier avertissement, ces législatives partielles en sont une confirmation : si le séisme présidentiel a généré un tsunami législatif en faveur d’un parti qui n’existait pas un an auparavant, c’est d'abord la logique institutionnelle qui en est la cause. Les électeurs donnent une majorité au président qu’ils viennent de se choisir. Ce n’est en rien un quitus permanent.

Une suprématie qui commence à fâcher. Dans l’attentisme clément dont Emmanuel Macron est l’objet dans les enquêtes d’opinion, il y a "attentisme" : où sont les résultats de sa politique ? En outre, depuis quelques semaines, quelques sujets ou conflits particuliers, - la situation dans les prisons, celle dans les maisons de retraite ou les hôpitaux, les premiers plans sociaux liés à la récente loi Travail ou encore la hausse de la CSG -, sont venus faire crisser une mécanique jusque-là bien huilée. La posture de suprématie absolue, pour ne pas dire d’arrogance, adoptée par la majorité à l’Assemblée nationale, refusant quasi systématiquement le dialogue avec tout autre député que ceux estampillés parti présidentiel prive également celui-ci de toute réserve de voix lors des élections. Emmanuel Macron en a payé le prix dimanche, et il y a dans les prochaines semaines au moins quatre autres législatives à venir.

Une victoire symbolique pour la droite. Pour les Républicains, en revanche, c’est un signal positif. Pour Laurent Wauquiez, attaqué de toutes parts depuis son élection, et dont l’autorité avait même été prise en défaut ces derniers jours sur l’affaire Darmanin, c’est un vrai soulagement. Si la présence d'un député LR de plus à l’Assemblée nationale  ne change pas grand-chose numériquement, le symbole reste fort. Il prouve que le président des Républicains incarne l’alternative à Emmanuel Macron. Ses électeurs font fi des critiques sur son discours jugé parfois trop droitier. Quand il faut dire "non" à Emmanuel Macron, c’est vers lui qu’ils se tournent et personne d’autre. Pas vers le FN, éliminé sèchement dès le premier tour dans les deux circonscriptions. Cette double victoire permet à Laurent Wauquiez de rendre moins audibles les critiques de son camp à son endroit, et surtout de préparer la vraie échéance électorale, celle des européennes en 2019.