"La rentrée climat" des grandes écoles

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Notre planète est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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HEC, Sciences Po, Kedge Marseille et Bordeaux...Ils sont plus de 10.000 étudiants à avoir fait leur rentrée dans l’enseignement supérieur sous le signe du changement climatique. Fanny Agostini a assisté à l'une de ces rentrées.

Ils sont plus de 10.000 étudiants à avoir fait leur rentrée dans l’enseignement supérieur sous le signe du changement climatique. HEC, Sciences Po, Kedge Marseille et Bordeaux (grandes écoles de business et management), l’ensemble des écoles Centrale, le Pôle Universitaire Léonard de Vinci, ISAE Supaero, AgroParisTech, Toulouse Business School, l'ESCP...

Ces jeunes qui seront demain aux manettes du pays, graviteront dans les instances économiques  et géreront les grandes entreprises sont à présent outillés pour comprendre le monde sous le prisme du changement climatique. La fresque du Climat est une association crée par Cédric Ringenbach, ingénieur spécialiste du climat et des énergies, qui a eu idée de mettre cartes sur table pour mieux cerner toute l’interconnectivité et boucles de rétroaction existantes entre nos activités humaines, le changement de la composition chimique de l’atmosphère et leurs incidences sur la géopolitique, l’économie, les enjeux de sécurité et de santé publique.

Cette fresque est une innovation pédagogique très puissante! Tout devient plus limpide mais aussi inquiétant, on mesure mieux l’ampleur des enjeux du moment. C’est une urgence d’équiper les têtes pensantes dés leur première année pour qu’ils puissent bénéficier d’ une autre grille de lecture, confronter le contenu de leurs programmes et challenger leurs professeurs. Devenus incollables sur des notions scientifiques issues des rapports du GIEC comme le forçage radiatif, les RCP ( Representative Concentration Pathways ), l’impact des aérosols et le mécanisme de l’effet de serre, les étudiants ont pu faire entre autre faire le lien avec la dégradation de la biodiversité, la baisse des rendements agricoles ou encore le risques grandissant des conflits armées.

C’est d’autant plus important qu’une étude récente du Shift Project sur l’intégration des enjeux énergie/climat dans l’enseignement supérieur a montré que seuls 11% des programmes étudiés y font référence et 76% des cursus recensés ne proposent aucun contenu sur le sujet! Oui on part de loin très loin! Mais çà arrive enfin en 2019! Avec un défit majeur pour les institutions: créer plus de transdiciplinarité pour permettent un dialogue entre les sciences dures, les sciences sociales et politiques! Pour que le climat soit vraiment notre affaire à tous!

L’objectif est d’atteindre les 100.000 jeunes à la rentrée prochaine et 1.000.000 en 2022, soit un français sur 7.