"Il n’y a plus assez de petits abattoirs de proximité"

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Rendez-vous à la ferme est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Et si les abattoirs ambulants permettaient d'avoir une viande un peu plus éthique ? Le transport loin des fermes pour les abattoirs-usines est une source de stress supplémentaire pour les animaux. Mettre l'accent sur la proximité dans ce domaine "favorise le respect de l’animal et les métiers de l’ensemble de la filière".

Fanny, vous vouliez nous parler du sujet de l’abattage des animaux d’élevage qui fait couler beaucoup d’encre.

Que nous soyons pour manger de la viande ou non, ce n’est pas le débat ce matin. Quelle que soit notre position, il faut favoriser les meilleures conditions possibles d’abattage. Parmi d’autres paramètres, ce qui stress les animaux c’est de les acheminer vers des très grands abattoirs loin des fermes. Autrement dit, il n’y a plus assez de petits abattoirs de proximité. À titre de comparaison : l’Allemagne, qui a une surface agricole similaire à la France, a 12 fois plus d’abattoirs sur son territoire.

Nous manquons cruellement de petites structures, car nous avons une concentration de l’activité dans des abattoirs-usines à l’ouest du pays induisant une mise à mort à la chaîne et des centaines de kilomètres en camion infligés à nos animaux d’élevage.

Une solution émerge Fanny, il semble que nous débloquons un peu la situation : il s’agit des abattoirs mobiles. 

Depuis octobre 2018, un décret a ouvert la voie à l’expérimentation d’abattoirs ambulants qui viennent directement à la ferme dans des conditions sanitaires totalement respectée. Ce qui permet une production de viande plus éthique, supprimant une source d’angoisse à la fois pour l’animal, mais aussi pour l’éleveur qui vit aussi une souffrance en voyant ses animaux partir dans de mauvaises conditions.

Ce système est déjà très répandu en Suède et en France, dans tous les départements cette idée est en train de mûrir et la plus aboutie est menée par l’entreprise, "le beauf éthique" en côte d’Or qui construit bientôt la première grande filière de viande bovine dont les animaux sont abattus directement à la ferme.

Mais là où çà bloque encore, c’est sur la levée de fonds...

C’est là où l’État doit intervenir et soutenir ce genre de démarches cautionnées par de nombreux acteurs du territoire. Comme en témoigne l’association "Roastbeef" (Rassemblement officiel des soutiens au bœuf éthique) et ses fans, regroupant aussi bien des consommateurs, que des bouchers, des éleveurs, des vétérinaires, et même des végans qui ont compris l’intérêt de ce changement de modèle qui favorise le respect de l’animal, et les métiers de l’ensemble de la filière.