Rachat de Sarenza par Monoprix : le grand mariage des boutiques et du web

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Monoprix rachète le spécialiste français de la chaussure sur Internet, Sarenza. C'est une excellente nouvelle, qui montre que nos boutiques des centres-villes ont encore un avenir ! 

Cela fait des années qu'on se demande si Internet ne va pas finir par tuer nos boutiques des centres-villes, et même tuer les grandes surfaces. Demain, nous ferons, intégralement, nos courses, dans notre salon, avec un ordinateur.

Hé bien, non. Le modèle 100 % Internet ne fonctionne pas, fonctionne mal. C'est ce que montre l'aventure Sarenza. Sarenza, c'est le champion français de la vente de chaussures sur Internet. Le site existe depuis 13 ans. Vous y trouvez 40.000 références. Toutes les tailles. Toutes les couleurs. Un vrai succès commercial. Mais, qui n'a jamais réussi à gagner d'argent.

Comment ça s'explique ?

Quand un client achète une paire de chaussure en ligne. Sur la page Web, tout est très beau, y compris le mannequin. Mais, quand on reçoit le paquet, et qu'on essaye la chaussure. On est parfois un peu déçu. Finalement, c'est moins bien, et puis, ce n'est pas la bonne taille. Résultat, Sarenza affiche un taux de retour de 25 % ! Bien  évidement à la charge de Sarenza. Car, il y a une autre constance sur Internet. Le client refuse de payer pour les frais de  livraisons. Résultat des courses : Malgré ses 7 millions de clients, Sarenza n'arrive pas à gagner d'argent.

Et donc, la solution, c'est de se marier avec un réseau physique comme Monoprix. Pourquoi ?

Avec un réseau physique, vous résolvez deux problèmes. D'abord vous pouvez exposer la marchandise. Peut-être pas les 40.000 références, mais le client peut voir, toucher, sentir et se faire une vraie idée.

Et puis, deuxième problème résolu. La livraison est plus simple, moins coûteuse. Vous pouvez récupérer votre achat en magasin. Ou bien, le rapporter en magasin, si ça ne va pas. Avouez que c'est plus simple que de faire un paquet à la Poste.

D'où l'intérêt de marier réseau physique et digital. On parle de "phygital". Et tout le monde s'y met : Casino avec Cdiscount, Carrefour avec ShowRoomPrivé, le groupe André avec Spartoo, Les Galeries Lafayette avec la Redoute et maintenant Monoprix avec Sarenza.

Donc oui les boutiques ont encore un avenir, mais un avenir connecté. En fait, ce n'est pas Internet ou les boutiques des centres-villes, les deux gagneront, mais ils gagneront ensemble.