Orage à Wall Street : est-ce le début d'un krach économique et financier ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Baisse généralisée de tous les marchés financiers, Wall Street a connu sa plus forte baisse depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Une baisse de 2,5% vendredi soir à Wall Street et ce lundi matin, c’est Tokyo qui chute de 2,3 %. Paris est également attendu en nette baisse à l'ouverture.
Tout recule, même le bitcoin qui ne vaut plus que 8.000 dollars contre près de 20.000, il y a deux mois.
Ce qui est incroyable c'est qu'à l'origine de cette chute généralisée, on trouve une excellente nouvelle qui concerne les États-Unis : les salaires repartent ! C'est cette annonce qui a fait chuter Wall Street.
Les salaires augmentent de 2,9% sur un an, le meilleur chiffre depuis 2009. C’est un excellente nouvelle dans une Amérique minée par les inégalités et dont on craignait que la reprise ne profite qu'aux plus riches. Finalement non, les salaires augmentent pour tout le monde.

Pourquoi cette annonce d'une hausse des salaires fait-elle chuter Wall Street ?

Parce que si tout va bien aux États-Unis, le chômage est au plus bas, la croissance repart et les salaires augmentent.
Si tout va bien, la Banque Centrale Américaine n'a plus aucune raison de maintenir son dispositif exceptionnelle de taux très bas mis en place il y a près de 10 ans, au lendemain de la faillite de Lehman Brother.
C'est donc la fin des taux à zéro et la fin de l'argent facile.
Sauf que cet argent facile a coulé pendant près de 10 ans sur les marchés financiers et il a crée des bulles à Wall Street, mais aussi sur le marché de l'art ou de l'immobilier.
Donc, si brutalement, on ferme le robinet, forcément, ça va faire des dégâts sur les marchés. Les marchés gonflés à l'hélium risquent de s'éffondrer.
C'est ce qui se passe, la facture arrive !

Quelle conséquence ? Une chute brutale des marchés pourrait casser l'économie ?

Ça n'est jamais bon.
Ça veut dire par exemple que tout le monde est plus prudent. Typiquement, ça veut dire moins d'argent pour les start-up, la french-tech.
Mais surtout, conséquence très simple, les banques Centrales sont effectivement en train de stopper leur politique de taux très bas. C'est très concret. En France, les taux d’intérêts à dix ans sont passés en deux mois de 0,6% à 1%. Ce n'est pas bon pour l'immobilier (le crédit est plus cher) mais surtout, cette remontée des taux n’est pas bonne pour l'État français qui doit emprunter cette année 195 milliards d'euros.
On assiste en fait à une normalisation, c'est la fin de l'argent facile, prêté à 0%.