L'épidémie de coronavirus sonne-t-elle la fin du modèle low-cost ?

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Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Conséquence indirecte de l'épidémie de coronavirus en France, le prix des fruits et des légumes est en augmentation depuis le début du confinement. Mais ce n'est pas le seul secteur qui pourrait être touché par une inflation selon l'UFC-Que-Choisir. Pour Axel de Tarlé, 2020 pourrait sonner la fin de l'ère des prix bas. 

L’UFC-Que-Choisir a relevé une hausse d’environ 9% du prix des fruits et des légumes depuis le début du confinement. Et malheureusement, il  faut craindre une hausse généralisée des prix ! 

Pour les fruits et les légumes, tout est plus cher avec le confinement : la main d’œuvre, les coûts de transports... Et puis, on ne trouve plus de fraises espagnole, à bas cout. Effectivement, l’UFC que Choisir, craint une inflation généralisée. 

Dans l’aérien, hier, Alexandre de Juniac, qui représente les compagnies aériennes, a été très clair sur notre antenne. Si effectivement, pour respecter les règles de distanciation, on doit laisser un siège vide entre deux passagers, alors le billet d’avion sera deux fois plus cher. Idem pour le train, le TGV. Ca veut dire que ce sont toutes nos habitudes de vacances qui sont remises en cause.  

Oui, mais Axel, ces hausses de prix sont temporaires. Dès qu’on aura trouvé un vaccin, on retrouvera les vols low-cost et les fraises espagnoles.

Pas sûr. Parce que ce modèle low-cost était déjà très attaqué, avant l’épidémie. Je vous rappelle que dans l’alimentation, le gouvernement a quand même fait voter une loi, la loi Egalim, pour interdire les promotions. Et dans l’aérien, les vols low-cost étaient déjà très critiqués pour leurs émissions de CO2. Maintenant, il va y avoir, en plus, une question sanitaire. 

Car, de même qu’on a renforcé les contrôles de sécurité après les attentats du 11 septembre, on va très certainement renforcer maintenant les contrôles sanitaires avant d’embarquer. Ça veut dire, plus de complication. Vous allez voir, plutôt que de prendre l’avion, les entreprises préféreront échanger par visio-conférence. Ça y est, elles savent faire.

Cette épidémie devrait accélérer la démondialisation, à commencer par les médicaments dont on veut rapatrier la production. Sauf que produire en France, forcément, c’est plus cher. Mais, finalement, est-ce qu’on ne va pas redécouvrir la vraie valeur des choses ? Car franchement, un tee-shirt à deux euros, un billet d’avion à quinze euros, était-ce franchement bien normal ? Etait-ce bien durable ?