Le difficile positionnement de la CFDT qui n'a plus les faveurs d'Emmanuel Macron

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque jour, Emmanuel Duteil fait un point sur l'économie.

Emmanuel Duteil remplace Axel de Tarlé ce lundi 4 juin 2018.

L’économie avec le congrès de la CFDT qui va s’ouvrir ce lundi à Rennes.

Sur le papier tout va bien à la CFDT. L’an denrier, le syndicat est devenu le premier syndicat dans le privé devant la CGT. Une véritable révolution et il compte bien devenir le tout premier syndicat tout court de France à la fin de l’année lors des élections dans la fonction publique. Laurent Berger, seul candidat à sa réélection, est sûr de rempiler pour quatre ans à la tête de la CFDT. Aucun risque que cela ne tourne au pugilat comme il y a quelques semaines chez FO, lors du départ de Jean-Claude Mailly. Laurent Berger peut, en effet, s’enorgueillir de plusieurs combats gagnés ces dernières années comme le dispositif carrière longue pour partir plus tôt à la retraite ou le compte pénibilité même s’il a été édulcoré. À la CFDT, on estime avoir réussi à peser pour améliorer la loi notamment El Khomri sur le travail.

Pourquoi "sur le papier" ? C’est ce que ça ne va pas si bien que cela ?

En effet, la CFDT a connu une lune de miel avec l’exécutif du temps de François Hollande. Le syndicat était incontournable. Un habitué de ces discussions a confié à Emmanuel Duteil : "c’est simple, on commençait par voir les lignes rouge de la CFDT pour voir ce qu’il était possible de faire". Au risque d’y laisser des plumes, la CFDT de Laurent Berger a été prête à aller parfois contre sa base pour accompagner des réformes. Mais là, cette belle entente c’est terminée. Emmanuel Macron chercher surtout à contourner les syndicats, à moins les associer, à moins les consulter. Ça remet fortement en cause le positionnement de la CFDT qui a fait de la discussion constructive avec les gouvernements son fer de lance. Mais aujourd’hui, toutes les réformes passées au pas de charge avec parfois assez peu de consultation des syndicats passent très mal à tous les niveaux de la centrale. La CFDT se retrouve donc de facto obligée d’être plus dure contre l’exécutif. C’est tout son positionnement qui est remis en question.

Lors de ce congrès, Laurent Berger va donc devoir dessiner la nouvelle stratégie du syndicat ?

Oui et même plus ! La CFDT veut repenser la façon de faire du syndicalisme. Laurent Berger a fixé comme objectif "d’incarner le syndicalisme du XXIe siècle". Tout un programme. Il le dit, les syndicats comme tout sont mortels. Il veut donc mobiliser ses troupes pour trouver des moyens de rester au centre du jeu, au moment où le paritarisme est de moins en moins présent. Au moment où il y a un vrai divorce entre les salariés surtout dans le privé et les syndicats, il faut que la CFDT trouve une voie étroite pour rester au centre du jeu, pour être force de proposition bref pour s’adapter à cette nouvelle donne. Mais c’est en effet capital pour ne pas mourir.