La Société Générale va-t-elle devenir italienne ?

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Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

La Société Générale va-t-elle devenir italienne ? La rumeur d'un mariage franco-italien agite les marchés.

On imagine le choc si la Société Générale devait devenir italienne en pleine crise politique, au moment même où l'on parle d'une possible sortie de l'Euro pour l'Italie.
C'est le Financial Times qui révèle que le patron de la banque italienne, Unicrédit, a très envie de ce grand mariage avec la Société Générale.
L'Objectif est de créer la troisième plus grosse banque d'Europe, capable de résister notamment à l'offensive des banques américaines qui sont très actives en Europe sur les entreprises.
Là où l'histoire ne manque pas de sel, c'est que c’est un Français qui est le patron de cette banque italienne (Unicrédit). Il s’agit de Jean Pierre Mustier, qui n'était autre que l'ancien patron de Jerome Kerviel à la Société Générale. Il devait d'ailleurs devenir président de la Société Générale avant d'être balayé par le scandale "Kerviel".
Jean Pierre Mustier a fini par rebondir en Italie à la tête d'Unicrédit où il a fait un excellent travail puisqu'aujourd'hui cette banque italienne, qui avait des difficultés, a dépassé la Société Générale en bourse.
D'où cette idée de réaliser un mariage (entre égaux) entre Unicrédit et la Société Générale, que Jean Pierre Mustier connait bien, puisqu'il y a passé 20 ans de sa vie.

Et pourtant, l'opération a peu de chance d'aboutir dans l'immédiat ?

Effectivement, étant donné le contexte politique, on l'a dit.
Et puis sur le forme, une fusion entre égaux ça n'existe pas. Il y en a toujours un qui croque l'autre. Dans ce cas, chacun va donc vouloir prendre le pouvoir ce qui va rendre la situation ingouvernable.
Mais cette affaire montre bien l'importance d'avoir des acteurs de tailles mondiales comme BNP-Paribas qui pèse plus du double de la Société Générale car les poids moyens, comme la Société Générale, prennent le risque de se faire avaler.
On vient de le voir avec Lafarge, le cimentier, qui avait organisé une grande fusion entre égaux en 2014 avec le Suisse Hoclim. Quatre ans plus tard, Lafarge a disparu et tout est parti en Suisse.
Il ne faudrait pas que la Société Générale devienne le "Lafarge" de la banque.