Mort du fondateur de Fox News, Roger Ailes

SAISON 2016 - 2017
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Roger Ailes, fondateur de Fox News 4:37
© STEPHEN LOVEKIN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Cette semaine aux Etats-Unis a été marquée par la mort du fondateur de Fox News, mais aussi par la libération de Chelsea Manning.

Notre rendez-vous tous les dimanches matin "American Breakfast" avec notre correspondant aux Etats-Unis, Xavier Yvon. Bonjour Xavier.

Good morning Wendy. Bonjour à tous

Quel est le programme ce matin, Xavier ?

Aujourd’hui, il y aura une disparition et une libération. Cette semaine les histoires de Trump, du FBI et de la Russie ont pris toute la place, mais il y a eu aussi d’autres événements très importants : la mort du fondateur de Fox News, Roger Ailes, qui a façonné l’Amérique d’aujourd’hui et la sortie de prison de Chelsea Manning, la célèbre taupe de Wikileaks.

On commence donc avec la mort du créateur de Fox News, à 77 ans

Oui Roger Ailes était l’un des hommes les plus puissants d’Amérique, jeudi matin l’annonce de sa mort a été traitée comme un "breaking news" sur toutes les chaines de télé la sienne en premier lieu, bien sûr. Sur le plateau de la matinale de Fox News, une présentatrice est en larmes et ses collègues en font des tonnes. Sur la chaîne MSBNC, l’ennemi progressiste de Fox News, on rend aussi hommage à Roger Ailes le présentateur vedette a même cette formule très parlante :

"les deux personnes qui ont le plus changé la culture de l’Amérique ces 20 dernières années ce sont Steve Jobs (l’inventeur de l’iPhone) et Roger Ailes"

Et c’est vrai que la création de Fox News en 1996 a révolutionné le paysage médiatique américain : un habillage clinquant, des présentatrices blondes légèrement vêtues, des commentateurs politiques au style musclé l’info façon divertissement quitte à dévoyer le conservatisme bon teint en populisme agressif,  pas grave, ça marche.

En cinq ans, Fox News dépasse CNN et devient à la première chaîne d’info, elle rapporte énormément d’argent, elle peut faire et défaire les carrières des élus républicains, selon le bon vouloir de son patron omnipotent Roger Ailes.

Un fils d’ouvrier de l’Ohio qui a compris dès les années 60 la puissance de la télé : c’est lui qui explique à Richard Nixon comment améliorer son image à l’écran. Avec ses conseils, Roger Ailes a aidé à faire élire pas moins de 4 présidents républicains, dont le dernier en date, son vieil ami Donald Trump.

On avait assisté à la chute du géant, l’an dernier : accusé d’avoir organisé le harcèlement sexuel à Fox News, Roger Ailes avait dû démissionner.

Une disparition donc, et vous nous disiez, une libération à la Une aussi cette semaine aux Etats-Unis

Oui, Chelsea Manning est sortie de prison mercredi, et elle a photographié ses pieds, pour célébrer ses premiers pas de liberté, image très partagée sur les réseaux sociaux, parce qu’elle était la détenue la plus célèbre du pays.

En 2010, quand les Américains ont entendu parler d’elle pour la première fois, Chelsea était un homme, Bradley Manning, militaire, analyste du renseignement déployé en Irak, pour dénoncer les agissements de l’armée américaine Manning télécharge près de 700.000 documents top-secrets, et les envoie à Wikileaks, qui les publie,  scandale mondial. Il y avait notamment une vidéo prise à bord d’un hélicoptère montrant des soldats américains tuer des civils.

Arrêté, condamné à 35 ans de réclusion, Manning commence un traitement hormonal en prison, change de sexe et d’identité. Juste avant de quitter la Maison Blanche, Barack Obama commue sa peine, ce qui lui a valu sa libération cette semaine pour les uns, elle reste un traitre, pour les autres c’est une héroïne, la plus grand lanceuse d’alerte de tous les temps, et désormais aussi une icône transsexuelle. Le lendemain de sa libération, Chelsea Manning a publié une autre photo : la 1e image d’elle en jeune femme. 

Et pour terminer, Xavier, on va quand même parler un peu des rebondissements incessants à la Maison-Blanche

C’est vrai que toute la semaine ça n’a pas arrêté, entre la gaffe de Trump qui donne des info confidentielles aux Russes, ou les révélations sur sa tentative supposée d’influencer le directeur du FBI, et j’en passe, la semaine dernière je vous avais dit que les péripéties la nouvelle Administration ressemblait à une série américaine et bien figurez-vous que ça inquiète justement l’une des vedettes de "House of Cards". Si vous ne connaissez pas c’est une série très populaire ici, qui raconte de l’ascension politique d’un couple sans scrupules, Frank et Claire Underwood, prêts à tout pour arriver à la Maison-Blanche et y rester la prochaine saison très attendue sort dans dix jours. Et l’actrice Robin Wright, qui partage l’affiche avec Kevin Spacey, s’inquiète de voir la réalité dépasser à ce point-là la fiction.

Et dans cette chronique, tous les dimanches, merci Xavier à la semaine prochaine.

A dimanche prochain !

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