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Chaque matin, Pierre de Vilno fait le point sur les dernières innovations automobiles.

Dossier spécial : l'émission des particules fines, un problème toujours irrésolu

Le chiffre clef des fameux NOX, qui comprennent le dioxyde d'azote et des gaz d'acide nitrique, nous a été donné il y a quelques années. Maintenant, les particules fines causent la mort de 42.000 personnes chaque année en France.
Bien sûr, on ne peut pas tout mettre sur le compte du diesel, grand rejeteur de Nox, il y a aussi et surtout les usines.

Mais ce qui est frappant dans l'actualité de ces derniers jours, c'est la façon dont Bruxelles s'est débarrassé de la patate chaude en disant en substance que les seuils de tolérance vont être revus à la hausse pour, tout simplement, parce que les constructeurs n'arriveront pas, d'ici l'an prochain, à atteindre l'objectif de maximum 80mg/km le taux d'émission des moteurs Diesel. Ils seront autorisés à émettre jusqu'à 110 % d'oxydes d'azote de plus que le seuil légal de 80 mg/km jusqu'en 2021. Ensuite, les moteurs pourront émettre jusqu'à 50 % de NOX de plus que le seuil légal, histoire de prendre en compte le vieillissement, l'usure et la diversité des styles de conduite en Europe.

Est-ce scandaleux ?

Non, c'est politique car c'est vrai, les 30 dernières années, les constructeurs ont tous joué des coudes pour se mettre au diapason sur le diésel performant.
Audi a gagné les 24h du Mans avec un moteur diesel, une première! C'était en 2.000, pour cinq années consécutives. Aujourd'hui, c'est la e-tron hybride qui concourt sur le même circuit, car le "DieselGate" de Volkswagen a conduit à de nouvelles interrogations et à des actions concrètes aussi. Ségolène Royal a notamment mandaté des tests grandeur nature.
On s'est aperçu que les voitures diesel émettent cinq à dix fois plus que sur le papier. On a vu que les tests en laboratoire ne prenaient que très peu en considération les conditions réelles de circulation.
C'est un progrès, mais on y va en douceur...

Est-ce qu'à l'avenir, on envisage de mettre un terme au diesel ?

On pourrait comme on a mis fin à l'amiante, pourtant considéré comme un matériau d'avenir dans les années 60. Ça représente des milliards d'euros et une reconsidération totale de la production automobile.

Chiche ?

Non, ce qui apparaît aujourd'hui, ce sont deux choses :

- la première, c'est qu'on va arrêter la politique du diesel Roi. Il y a trois ans, le vendeur en concession ne connaissait pas les modèles essence et vendait 97% de diesel.
Ça va changer et aujourd'hui,: les essence regagnent du terrain, surtout les petites, et les hybrides sont des hybrides essence et non plus des hybrides diesel comme on l'a expérimenté chez PSA ou chez Volvo.

- Ensuite, on va certainement maintenir le diesel mais en l'améliorant, en tentant de contenir la pollution. Sur ce point, toute la question est : pourra-t-on faire la lumière sur les filtres à particule?
Si ceux de PSA semblent être irréprochables, c'est loin d'être le cas pour d'autres, qui obligent grosso modo à des dégazages massifs sur route, de temps à autre, pour brûler la suie.

Bref vous l'aurez compris, le dossier du diesel est un serpent de mer qui s'étend bien au-delà de la seule question de la pollution.