Les coulisses du départ de Jean-Pierre Pernaut, les réactions, sa succession et le procès de Khaled Drareni

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11:10
Le journal des médias est une chronique de l'émission Culture médias
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À la fin du 13 Heures de TF1. Jean-Pierre Pernaut confirmait son départ et déclenchait une vague d'émotion chez ses confrères et chez les téléspectateurs. Culture médias vous dévoile les coulisses de cette annonce surprise, les réactions et évoque également sa succession. À l’issue du procès en appel, Khaled Drareni a été condamné à deux ans de prison, ce qui a provoqué la colère de ses soutiens, de Reporters sans frontières, mais aussi des maires de plusieurs grandes villes de France. Ils ont décidé de s’associer aux appels à la libération du journaliste.

Les coulisses du départ de Jean-Pierre Pernaut.

C’était ce mardi, à la fin du 13 Heures de TF1. Jean-Pierre Pernaut confirmait son départ. Il l’avait annoncé quelques heures plus tôt, à 9h, on avait à peine eu le temps de l’évoquer dans le Journal des médias. Il faut avouer que tout le monde a été surpris.

Personne ne s’y attendait ?

Très peu de gens étaient au courant. Voilà comment ça s’est passé. Ce week-end, Thierry Thuillier, patron de l’info de TF1, reçoit un coup de fil du "Figaro". Le quotidien est au courant du départ prochain de Jean-Pierre Pernaut. Ça fait en réalité plusieurs semaines que la star du "13 Heures" a pris sa décision, après un long dialogue avec la chaîne.

Thierry Thuillier négocie : il réclame du temps au "Figaro" pour que Jean-Pierre Pernaut puisse annoncer lui-même la nouvelle aux équipes de TF1. En échange, le quotidien pourra dégainer son article dès l’annonce aux équipes, et Jean-Pierre Pernaut leur accordera une interview, parue ce mercredi matin.

Ce mardi, juste avant 9h, la conférence de rédaction traditionnelle du "13 Heures" démarre donc, et un appel est lancé pour que tous ceux qui sont à leur poste de travail viennent y assister. Jean-Pierre Pernaut prend alors la parole : il explique que le JT nécessite beaucoup d’énergie, que les derniers mois lui ont faire réévaluer ses priorités, qu’il a pris sa décision pendant le confinement : il arrêtera le "13 Heures" à la fin de l’année. Plus précisément, le 18 décembre.

Quelle est la réaction des équipes à ce moment-là ?

C’est un coup dur pour la rédaction. Même les têtes d’affiche de la chaîne n’avaient pas été prévenues. Pas même Gilles Bouleau, à qui on a demandé une réaction hier et qui a adressé un petit message direct à Jean-Pierre Pernaut.

Surprise totale donc, certains journalistes pleurent. Tout le monde applaudit Jean-Pierre Pernaut pendant près de deux minutes. Puis Thierry Thuillier prend la parole.

Il reconnaît que les semaines à venir vont être compliquées, et affirme que la recherche d’un successeur doit s’accélérer. Il écarte ensuite de lui-même un premier nom, celui de Darius Rochebin. Ce journaliste star en Suisse vient de débarquer dans le groupe TF1, en récupérant le 20 Heures de LCI.

Ce nouveau titulaire encore inconnu présenterait un nouveau 13 Heures ?

Pas du tout, au contraire. 

Face aux journalistes, Thierry Thuillier insiste sur le fait que le "13 Heures" ne changera pas : la mise en avant des régions, la proximité des Français à qui on veut donner la parole, voilà l’ADN du journal de la mi-journée de TF1. Le remplaçant devra s’adapter au format, et pas l’inverse. Et Thierry Thuillier promet à la rédaction qu’elle sera informée AVANT que ça ne sorte dans la presse.

Après l’annonce, il y a un moment de sidération dans toute la tour TF1. Il faut dire que Jean-Pierre Pernaut est aux commandes du 13 Heures depuis 33 ans. Il est très proche de la rédaction, il mange à la cantine tous les jours, il connaît tout le monde. Certains relativisent tout de même : "les gens sont tristes, mais il n’est pas mort non plus", glisse par exemple un membre de la rédaction.

Qu’est-ce qu’en pensent les journalistes des autres chaînes ?

À priori, à France 2, l’équipe du "13 Heures”, qui n’a jamais réussi à rivaliser avec le journal de TF1, n’a pas du tout vécu l’annonce de la même façon.

Au-delà de cette anecdote, on est allé interroger certaines têtes d’affiche des JT d’autres chaînes. Et elles étaient aussi surprises que nous, mais toutes élogieuses du travail de Jean-Pierre Pernaut. Louise Bernard a interrogé Kareen Guiock, qui l’affronte tous les midis dans le 12.45 de M6.

Anne-Sophie Lapix, aux commandes du "20 Heures" de France 2 et ancienne joker des JT de Claire Chazal sur TF1, salue, elle, le style Pernaut.

Pour Xavier de Moulins, le présentateur du 19.45 sur M6, la succession sera effectivement un sujet compliqué.

Il y a un seul journaliste qui nous a assuré ne pas avoir été étonné par cette annonce, c’est David Pujadas. L’ancienne star du "20 Heures" de France 2 est désormais l’un des visages de LCI, la chaîne info du groupe TF1.

Quand saura-t-on qui prendra sa place ?

Thierry Thuillier, le patron de l’info de TF1, a dit deux choses à ce sujet à la rédaction : qu’il faudrait accélérer la recherche du remplaçant de Jean-Pierre Pernaut, et que l’annonce serait faite en interne avant que la presse ne le révèle.

Sauf qu’il se murmure qu’en réalité, le choix a déjà été fait. Même si TF1 a été forcée d’accélérer un peu l’annonce, les dirigeants ne sont pas tombés de leur chaise ce mardi. Les discussions sur la succession de Jean-Pierre Pernaut ont donc déjà eu lieu, et Thierry Thuillier a assuré que le nom du nouveau présentateur du "13 Heures" serait connu prochainement, car il n’est pas souhaitable de laisser planer le doute de la sorte pendant trop longtemps.

Les stars de l’info française s’étaient mobilisées pour afficher leur soutien au journaliste algérien Khaled Drareni.

Anne-Claire Coudray, Xavier De Moulins ou encore Harry Roselmack s’étaient tous donné rendez-vous lundi 7 septembre devant l’Ambassade d’Algérie à Paris à la veille du procès en appel de Khaled Drareni.

Le correspondant de TV5 Monde en Algérie avait couvert pendant plusieurs mois les manifestations du Hirak, ce mouvement populaire de contestation du pouvoir algérien. En mars, il avait été arrêté alors qu’il faisait son travail en pleine manifestation, et il avait été condamné en août dernier pour "incitation à attroupement non armé" et d’"atteinte à l'unité nationale".

Et le verdict est tombé ?

Il est tombé ce mardi. À l’issue du procès en appel, Khaled Drareni a été condamné à deux ans de prison, ce qui a provoqué la colère de ses soutiens, de Reporters sans frontières, mais aussi des maires de plusieurs grandes villes de France. Ils ont décidé de s’associer aux appels à la libération du journaliste.

Ce mardi, une bannière a été inaugurée devant la mairie de Paris Centre, et une autre marque de soutien sera affichée vendredi à Lyon. Reporters sans frontières a insisté sur sa volonté de faire monter la pression sur les autorités algériennes suite à ce que l’association qualifie de décision "absurde et arbitraire".