Printemps en hiver, printemps algérien ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Météo : le fond de l’air effraie.

Le printemps fait la Une d’un quotidien régional sur deux. On commence avec la Dépêche du Midi : "Météo régionale, du jamais vu !". On poursuit avec Sud Ouest "Y’a vraiment plus de saison". Mais dans Le Courrier Picard, il y a ce jeu de mot "Le fond de l’air effraie". Effraie du verbe effrayer ! Pas question de bronzer et de profiter de ce temps sans penser à ses conséquences : la pollution et les allergies qui font la Une de la ProvenceJean-Louis Hervois dans la Charente Libre vous rappelle que si le soleil et l’envol des thermomètres nous transportent sur un nuage, il va falloir en descendre car tous les clignotants du dérèglement climatique s’allument en même temps et sur tous les continents. Est-ce qu’on panique ? Pas du tout, observe Emmanuel Delahaye dans l’Alsace. Tout se passe comme si la catastrophe annoncée était trop vaste pour que l’on puisse la prendre en compte. Il y a le choix ce mercredi en lisant la presse, soit vous profitez de ce printemps en avance, soit vous flippez. La peur n’excluant pas le danger, David Abiker vous conseille de profiter du soleil vu qu’il ne va pas durer.

"La démocratie d’émeute" de Macron

"On ne peut pas être dans une démocratie de l’émeute", le Figaro met ce mercredi matin à la Une ces mots du Président de la République hier devant des élus de la région Grand Est au sujet des Gilets jaunes qui seraient bien inspirés d’arrêter de manifester. "Faites attention Monsieur Macron", c’est en substance ce que lui conseille Michel Klekowicki dans le Républicain Lorrain. Le Président lui aussi serait bien inspiré de garder la tête froide et d’avoir le triomphe modeste face aux Gilets jaunes dont le mouvement s’essouffle. Mais le printemps justement et cette sortie sur les émeutes nous emmènent ailleurs ce mercredi matin, en Algérie.

Algérie : des manifestations ne font pas un printemps

Dans la Voix du Nord, l’historien Nedjib Sidi Moussa compare le mouvement algérien à celui des Gilets jaunes mais lui donne une tout autre ampleur.Abou Semmar du Journal Algérie Part dans un entretien à Courrierinternational.com calme les ardeurs de ceux qui croient déjà en un printemps algérien. "Le régime algérien, dit-il, est plus sophistiqué que les autres régimes arabes qui sont tombés à la suite du printemps Arabe (…) Pour le moment, Bouteflika et son entourage ont encore une grande marge de manœuvre pour réagir et traiter avec la rue. Ils peuvent sortir plusieurs réformes politiques qui vont déverrouiller le pays". Et Abou Semmar poursuit "La famille Bouteflika peut abandonner le 5e mandat, mais garder le pouvoir autrement…, il ne faut pas négliger non plus le soutien international dont jouit le “système Bouteflika”. Ni l’Europe, ni les États-Unis ni la Russie ne voudront que l’Algérie se transforme en “Syrie bis”. À 30 minutes des côtes européennes, une Algérie qui brûle peut menacer dangereusement toute la stabilité de l’Occident". 

Affaire du Hijab : les Américains perplexes

Il faut lire le Washington Post sur Internet ou Courrier International, toujours. Les américains s’interroge sur la polémique qui a conduit Décathlon, ce mardi soir, à renoncer à la vente en France de Hijab destinées aux musulmanes qui font du sport. Un voile pour les musulmanes qui courent ? En France c’est un scandale. Perplexes, les Américains qui en 2016 envoyaient leur première escrimeuse en Hijab sur le podium olympique. Et le journal ironise. "La France est un pays laïc où il y a des crèches et des sapins dans les mairies et où les administrations ferment chaque jour férié catholique".

Community manager : un sport de combat

Dans la Voix du Nord, on compatira au sort de Yann, le community manager de Décathlon. Il a dû modérer sur internet l’émeute numérique provoquée hier par l’annonce de la vente du hijab chez Décathlon. Insultes, dérapages racistes, menaces…Le métier de yann exige d’encaisser le pire avec de la distance et du sang froid comme ce message reçu via le site internet de la marque. "Bande de pourris (…) vous trahissez les valeurs de la République (…) honte à vous (…) vous contribuez à l’invasion islamiste, vous finirez avec cette racaille dans les fours en Pologne"

Le racisme et l’islamophobie donc, une dose d’antisémitisme en toute liberté. Ces ordures verbales se dissimulent eux aussi derrière un voile : celui d’une défense indigne et frelatée de la laïcité.

La modération sur Internet c’est un sport de combat mais Décathlon ne vend pas encore l’équipement.