Les "gilets jaunes" veulent un impôt de plus : l’ISF !

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Ce jeudi matin, c’est une photo en Une du Maine Libre au Mans qui donne le ton. Face à l’objectif un "gilet jaune" a sur la paume de la main un autocollant où l’on peut lire clairement : "rends l'ISF d'abord". L’ISF dont la suppression est un marqueur de la politique macroniste figure aussi une pancarte de revendication qui fait la Une du Républicain Lorrain, "Rendez-nous l'ISF". Et tous les éditorialistes s’interrogent ce matin. L’ISF va-t-il devenir le prochain point dur des revendications des "gilets jaunes" ? Car c’est un symbole rappellent le Figaro et les Échos : le symbole du réformisme macronien certes, mais sa suppression est également devenu symbolique. Ce qui fait dire à Didier Rose dans les Dernières Nouvelles d’Alsace "Pauvre Jupiter, à vouloir réconcilier les riches avec la fiscalité, inversement il attire sur lui les foudres d’un pays à découvert !". Et c’est Libération qui ce matin se souvient qu’au moment de la suppression de l’ISF, le gouvernement avait promis l’évaluation par un comité de son impact pour l’économie, le fameux ruissellement. Eh bien, le comité n’existe toujours pas.

Dans la presse ce jeudi matin, une élection qui passe presque inaperçue

Et pourtant, c’est important. Cinq millions de fonctionnaires sont appelés aux urnes pour élire leur représentants syndicaux, soit par un vote classique ce jeudi soit par vote électronique depuis le 29 novembre, nous dit le Figaro. L’enjeu est fort, nous rappelle le quotidien, puisque la CFDT n’a que 20.000 voix à conquérir pour devenir le syndicat numéro un dans la fonction publique devant la CGT, actuellement leader. En toile de fond de cette élection, il y a bien sûr la crise des "gilets jaunes" et au-delà de la fonction publique, la crise de la représentation. Cette crise se joue à Commercy dans la Meuse nous explique les Dernières nouvelles d’Alsace. À Commercy où les "gilets jaunes" veulent constituer des assemblées populaires. leur idée c’est de redonner du pouvoir au peuple en les invitant à débattre demain, sur la place. Ils sont une cinquantaine à rêver d’une autre démocratie, d’une autre façon de décider. Tout ça dans une ambiance plutôt tranquille alors qu’il traîne dans la presse ce jeudi matin, un sale parfum d’inquiétude et de violence.

Dans Le Monde, l’insécurité repart à la hausse

Les cambriolages et les violences physiques et sexuelles sont en forte hausse, selon l’enquête de victimation menée sur le long terme publiée aujourd’hui et réalisée auprès de 17.000 foyers. Il en ressort que les agressions en dehors du domicile sont en hausse dans la rue, au travail ou sur le lieu d’étude. Idem pour les violences sexuelles dont la majorité des victimes sont des femmes. Violence mesurée dans Le Monde, mais également violence redoutée à l’approche de ce samedi. Le Parisien revient ce matin sur l’appel lancé sur Facebook par Me Laurent-Franck Lienard à l’attention des policiers qu’il est habitué à défendre quand ils sont soupçonnés de violence : "Je sais combien les affrontement sont durs et violents. Vous avez en face de vous des gens qui tentent de vous blesser ou de vous tuer mais je vous appelle à réfléchir à ce que vous êtes prêts à mettre en œuvre si les événements de samedi se reproduisent". Et l’avocat de mettre en garde les policiers "Appliquer un tir létal sur un manifestant ou un casseur peut conduire à la guerre civil". Un autre appel fait lui la Une de Ouest-France et se nourrit des mots du Premier ministre hier à l’Assemblée, celui de Jeanne-Emmanuelle Hutin dans son édito "Non à la haine oui à la responsabilité". Responsabilité aussi pour le patron du Parisien-Aujourd’hui en France, Pierre Louette qui a publié ce mercredi un long papier sur le réseau social LinkedIn. Il y interroge la responsabilité des médias dans la crise actuelle. En font-ils trop ? Pas assez ? Comment éviter le sensationalisme ? Il rappelle néanmoins qu’un journal c’est fait pour détecter des signaux faibles, les interpréter et donner la parole à ceux qui les émettent, et il cite Charles Péguy "Il faut toujours dire ce que l’on voit, surtout, il faut toujours, ce qui est le plus difficile, voir ce que l’on voit".

Dans Ouest-France, on se soucie ce matin du bien être des poulets (mais pas les mêmes) avec cette nouvelle étiquette que les magasins Casino vont désormais coller sur les volailles et qui informera le niveau de bien-être animal du produit qu’ils s’apprêtent à rôtir. Pas moins de 230 critères ont été retenu par Casino et des associations reconnues en la matière. C’est une première qui selon Louis Schweitzer (président de la fondation droit animal) devrait être étendue à d’autres espèces. Voilà si vous mangez une volaille Casino pour le réveillon, vous pourrez toujours penser à son bien-être.