Le retour d'Alexandre Benalla dans les Unes de la presse

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour de cette semaine, Eve Roger scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Voici la revue de presse d’Eve Roger du jeudi 27 décembre 2018, bonjour Eve ! 

Bonjour Pierre, bonjour Marlène, bonjour à tous. Alors ce matin la presse s'amuse.

Une mention au journal l'Equipe avec ce titre "Pogback", le retour en grâce du joueur de foot Paul Pogba, pour ceux qui n'auraient pas compris, grâce à deux buts marqués hier soir alors qu'il paraissait au bord du précipice.

Aux Etats Unis, la situation est gravissime, mais Libération plaisante avec l'image de Donald Trump. A côté d'une photo pleine page où Donald Trump est au téléphone, cette menace : Un loup pour Wall Street. Et en page intérieure : "La 'bulle Trump' savonne les marchés". L'Humanité aussi s'y met aussi ce matin avec une couverture sur le climat, "le temps des luttes", et un article joliment titré : "2018, le réchauffement des exigences citoyennes".

Plus sérieusement, le Parisien-Aujourd'hui en France fait sa couverture sur les Fake news. Ce phénomène que l'Académie Française appelle désormais les Infox.  

La presse salue ce matin le retour sous les projecteurs d'un certain Alexandre Benalla.

Un drôle de voyage au Tchad, 15 jours avant le président de la République française et c'est la polémique qui redémarre. Jean Dominique Merchet dans l'Opinion note avec une certaine malice, "Benalla a été cet été à l'origine du premier décrochage d'Emmanuel Macron, et le voilà qu'il reparaît tel un sparadrap". Le Figaro reprend l'image : "le capitaine Haddock a son sparadrap...Emmanuel Macron a Alexandre Benalla"

Autre référence pour Yann Marec dans le Midi Libre, plutôt le théâtre du boulevard, presque du Vaudeville : "Il n'est quand même pas donné à tout le monde d'être au chômage, de conduire une délégation d'entrepreneurs, d'avoir l'image d'un paria, de voler dans un jet privé". Cela relève de la prouesse surtout lorsqu'on rencontre des hauts dignitaires du pouvoir tchadien".

"En d'autres temps, on aurait appelé ce réseau parallèle mêlant politique et affaires, la France-Afrique" écrit Yolande Bal-de-weck dans l'Alsace. On comprend que l'Elysée cherche à prendre ses distances avec ce collaborateur sulfureux.

Un autre visage sulfureux fait son retour ce matin à la une des journaux

J'ai nommé Michel Houellebecq. Son 7ème roman, "Sérotonine", ne sort que dans une semaine, mais pour le Figaro, c'est l’événement du jour. Le quotidien a fait le choix d'une grande photo romantique en Une avec ce titre, "Le retour de l'écrivain qui dérange". Qu'il évoque le tourisme sexuel ou l'islam, chacun de ses livres est accompagné d'une polémique raconte l'un des journalistes du Figaro. Cette fois, c'est une interview de l'écrivain dans un journal américain que pourrait faire des vagues : "Donald Trump est un des meilleurs présidents américains que je n'ai jamais vu, dit-il. L'Europe n'existe pas "

Alors avec Houellebecq, c'est un livre, une catastrophe, rappelle Claire Devarieux dans Libération. En 2001, "Plateforme" finissait par une fusillade terroriste au bord de la mer en Thaïlande, quelques jours après la sortie du livre, il y a eu le 11 septembre puis 200 touristes tués à Bali dans des conditions similaires. Le 7 janvier 2015, sortie de Soumission qui raconte l'arrivée au pouvoir en France d'un parti islamiste. Le même jour, c'était l'attentat terroriste de Charlie Hebdo. Bref, on croise les doigts écrit la journaliste de Libé qui considère que ce roman n'est pas le plus spectaculaire ni le plus drôle des Houellebecq mais l'un des plus émouvants".

Alors d'un mot, "Serotonine" c'est l'histoire d'un agriculture normand homophobe dont l'affaire s'écroule, victime de l'Union européenne. Le Figaro y voit l'histoire des "gilets jaunes" avant l'heure. "Houellebecq semble avoir anticipé le mouvement quand tant de politiques et d'observateurs n'avaient rien vu venir", écrit le journal. Il faut dire que le point d'orgue du livre se déroule sur un barrage autoroutier, dans une scène d'une confrontation inouïe entre agriculteurs et CRS.

Ben voilà, les "gilets jaunes" ! On y revient toujours

Oui mais ce que je voulais vous raconter, c'est l'impact positif du mouvement sur les départements ruraux qui aujourd'hui s'interrogent : comment remplacer la voiture pour les déplacements domicile – travail ? C'est le journal la Charente libre qui raconte à la fois le casse-tête pour aller au boulot sans voiture. Mais aussi les pistes sur lesquelles travaille la Région pour pousser les habitants à lâcher leur volant. 

- Elle compte par exemple ouvrir certaines lignes de transports scolaires aux travailleurs : certains salariés pourront bientôt réserver des places dans ces cars si leurs horaires sont calés sur ceux des collèges ou des lycées.

- Favoriser le co-voiturage ou encore le partage de véhicules entre particulier. Par exemple, dans les villages, raconte le journal, il y a beaucoup de personnes âgées  qui utilisent très peu leur véhicule, mais qui seraient d'accord pour les prêter. Problème : elles ne sont pas connectées, il faut donc les trouver et les aider à faire la démarche.

Et le quotidien raconte à quel point ce serait bon pour le climat et pour le portefeuille avec des exemples à l'appui. Grâce au covoiturage, Clément, 27 ans, économise 80 euros d'essence par mois. Il fait quand même 100 kilomètres aller-retour pour aller bosser. Laure Karine, elle, elle est prof de français et elle met 230 euros de côté par mois depuis qu'elle a découvert le bus. Enfin les bus, pour arriver à l'heure au collège elle prend sa voiture pour trois kilomètres et ensuite, deux lignes de bus. Ça se mérite quand même

On termine avec un personnage sulfureux, moins connu que Houellebecq ou Benalla mais qui commence à faire parler de lui

Oui, c'est un député en marche. Il s'appelle Joachim Son-Forget, un adepte des dérapages décrit le Parisien : "tweets sexistes", "défense de Marcel Campion", "insultes contre Donald Trump", tout est bon pour faire du buzz raconte le journaliste même si ça gêne de plus en plus son groupe. Drôle d'oiseau, ce député des Français de l'étranger d'origine sud-coréenne qui vient d'obtenir la nationalité kosovare, allez savoir pourquoi…Il n'a l'air de craindre ni rien ni personne.

Mais le plus inquiétant, c'est que plusieurs parlementaires le décrivent comme "psychologiquement dérangé". Alors son cas sera étudié le 15 janvier prochain par le bureau de son groupe politique. Attention à ce que Joachim Son Forget ne devienne pas le sparadrap du groupe En marche.