L’autre perdant de l’élection européenne : les sondages

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Élections européennes : la presse cherche la bonne formule

Vos journaux cherchent la formule qui résumera le mieux les résultats de l’élection. "Macron installe le duel avec le Pen", titre le Figaro. Idem pour le Parisien-Aujourd’hui en France qui place face à face les profils de Marine Le Pen et Emmanuel Macron : "Le big Bang continue" tandis que le Télégramme parle de "Nouvelle Donne". Et puis vous avez les titres qui privilégient leur grand gagnant. Libération choisit Yannick Jadot et titre "la Croissance verte", Les Échos estiment que Macron a presque gagné son pari Le Courrier de l’Ouest parle de revanche pour le Rassemblement National. Quant à l’Opinion, pour Nicolas Beytout, le vainqueur n’est pas celui qu’on croit. Le véritable succès du chef de l’État c’est que la stratégie du vote utile a fonctionné. Elle a ravagé la droite républicaine, atomisé la gauche et humilié le parti de Jean-Luc Mélenchon, mais surtout le vote de ce dimanche confirme la recomposition politique de l’élection présidentielle avec d’un côté un parti de gouvernement et de l’autre une force de rejet. Sous le regard dépité de toutes les oppositions.

Pour la presse étrangère : une défaite personnelle pour Macron

"Une défaite très personnelle", résume Courrier International. "Le Pen prend sa revanche", écrit le quotidien autrichien Der Standard, "Macron a perdu la partie", estime le journal argentin Clarin. Un symbole qui risque de nuire à la crédibilité européenne du dirigeant français, conclut le quotidien italien de centre gauche la Républica.Une défaite lourde de sens pour El Pais puisque le président français avait fait de l’élection une affaire personnelle.

La "bérézina" dont personne ne parle : les sondages

Mais il est une "bérézina" dont personne ne parle, c’est celle des sondeurs. À part Libération. "Européenne : les sondages à la ramasse !", ironise le quotidien. Les estimations des instituts de sondage n’avaient pas prévu le score d’Europe Écologie les Verts, la déroute des Républicains ni la participation en hausse. Ils ont mis cul par-dessus tête les prédictions de la totalité des instituts dont il faut rappeler qu’elles ne prédisent rien du tout mais se contentent de photographier l’opinion à un moment donné. Mais tout de même, note le quotidien, personne n’avait vu venir la percée verte, les mêmes sondages n’avaient pas anticipé la déroute historique de LR, ni le sérieux revers de la liste France Insoumise. Personne n’avait vu le PS exsangue faire jeu égal avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. De gauche à droite, conclut Libération, les perdants pourront se dire que les sondeurs ont eux aussi ce matin une sacrée gueule de bois.

L’Europe c’est aussi un mariage, un divorce et des euros

Avec un mariage, un divorce et des euros. Le mariage c’est celui des deux géants européens Renault et Fiat Chrysler qui veulent créer un airbus de l’automobile, nous disent Les Échos et Ouest France. Ouest France qui nous annonce que le divorce, lui, sera plus simple en Irlande à l’issue du référendum qui a eu lieu en même temps que l’élection européenne. 82% des Irlandais se sont ainsi prononcés pour un assouplissement des règles de séparation. Enfin, les euros ce sont les nouveaux billets de 100 et 200 euros à découvrir ce matin dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. Mis en circulation demain, le 100 euros sera vert et jaune, le 200 euros sera bleu et marron. Le premier sera tiré à 2.3 milliards de coupures, le second à 700 millions. Pourquoi de nouveaux billets ? Pour lutter contre les faux avec de nouvelles innovations technologiques pour dissuader la contrefaçon.

Mon toutou est connecté

Une autre innovation fait la Une des pages Loisirs du Figaro sobrement titré "Mon toutou est connecté". Le Figaro dresse un panorama édifiant de ces technologies qui transforment une vie de chien en paradis numérique. Gamelles à reconnaissance faciale, colliers Bluetooth anti-aboiement, litière autonettoyante, distributeur de nourriture programmable… Parmi les équipements en vogue, une enceinte connectée qui permet au maître de communiquer à distance avec le chien tout en lui livrant sa dose de croquettes. Évidemment, note le Figaro, ces innovations en disent plus long sur le gâtisme des humains que sur les besoins réels des chiens. Mais les 2.1% pas ridicules du Parti Animaliste aux élections de ce dimanche confirment que le bien-être animal peut mobiliser l’électorat autant qu’il peut conduire les hommes à acheter n’importe quoi.