La presse entre panique et appel au calme

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Ce vendredi matin à la Une des journaux, vous avez le choix. Soit vous dialoguez dans le calme, soit vous paniquez. Pour la panique, ça va crescendo. On commence avec Le Courrier de L’ouest "La tension monte"Un cran au-dessus avec "Un samedi à très hauts risques", c’est le Parisien-Aujourd’hui en France. Plus anxiogène ? Libération "Violence, l’engrenage". Encore plus flippant ? "Macron face à l’hyper-violence" pour L'Opinion. Encore plus effrayant ? "Panique au sommet" c’est l’Humanité. Allez, on se calme avec Ouest France, premier quotidien français en terme de diffusion. Ouest France qui titre sur "Ce que la France rurale a sur le cœur" et qui donne la parole à Nathalie, chauffeur livreur payée 1.200 euros net par mois, ou au Maire Morbihannais de Langonnet qui évoque l’ISF, les 80 kmh, le carburant ou encore Claire Boulangère à Roudoualec où sept commerces ont déjà fermé et dont l’affaire est en redressement judiciaire. Ce matin aux Unes qui pointent les violences, on préférera celles qui incitent au dialogue comme celle de l’Est Éclair avec cette photo d’un député LREM de l’Aube qui parlemente avec des "gilets jaunes". Vous avez le choix ce matin, soit vous lisez la presse qui vous annonce une France mise à sac. Soit vous lisez les journaux où les Français vident leur sac.

Patron, à votre bon cœur

Patron à votre bon cœur ! C’est la Une du Courrier Picard ce matin qui revient sur l’idée lancée par Xavier Bertrand : une prime de 1.000 euros exonérée de charges et versée fin décembre. Inviter les patrons à faire un geste c’est également l’idée de l’État qui presse les entreprises de faire des efforts, explique le Figaro, un bon moyen de valoriser les salariés et d’augmenter leur pouvoir d’achat. Cet effort, les patrons y sont près si elle est optionnelle. Mais ce n’est pas suffisant, Bercy a également convoqué les banquiers ce jeudi, les assureurs pour qu’il fasse un peu plus que les annonces récentes de baisse sur les tarifs bancaires. Quand la République est attaquée, tout le monde doit faire un effort, peut-on lire dans Les Échos. On peut aussi vous traduire ces premiers signes de bonne volonté comme une forme d’anxiété, disons la pétoche, qui monte dans les milieux économiques. Et puisque ce matin, il est question d’avoir du cœur malgré cet avant-gout de guerre civile, on va aller ailleurs, complètement ailleurs, en Algérie.

L’Église d’Algérie honore les 19 martyrs de Tibhirine

Ils font la Une de La Croix les 19 dont l’assassinat en mars 1996 bouleversa la France. C’était la guerre civile en Algérie, une vraie. Et ce vendredi matin, le quotidien catholique revient sur le parcours, l’engagement et la disparition de ceux qui seront demain béatifiés à Oran, en Algérie, en présence des congrégations religieuses, ceux qui furent immortalisés par le film "Des hommes et des dieux". C’était loin d’être gagné, nous dit La Croix, mais c’est tout un symbole et une invitation à dépasser la violence. Dépasser la violence c’est aussi le titre de l’Edito que signe Guillaume Goubert dans la Croix et qui nous ramène en France à Paris. "Les images d’émeutes, la profanation de l’Arc de Triomphe, l’incendie de bâtiments publics, les quatre morts accidentelles provoquées par ces événements rien de tout cela ne semble suffire pour faire réfléchir et ramener les esprits à une expression pacifique de la contestation". Et si jamais la non-violence prévalait demain, il ne faudra pas s’en servir mais "prendre au sérieux les attentes, les impatiences et les frustrations".

Le tweet de Raffarin, la France d’en bas et Johnny

C’est Jean-Pierre Raffarin, l’homme qui fit entrer "la France d’en bas" dans le lexique politique qui lance lui aussi un appel au calme sur Twitter. La France d’en bas et peut-être aussi d’en haut qui, dimanche, se pressera à la Madeleine non pour manifester mais pour dire combien son chanteur lui manque. Ah si Johnny pouvait chanter aujourd’hui, quelle chanson choisirait-il pour calmer le jeu ? Surtout pas Allumer le feu, peut-être pas Noir c’est noir alors peut-être une chanson qui nous dirait qu’on est ici-bas pour vivre et pas seulement survivre.