Delon, Mbappé et Vincent Lambert : choisir sa sortie, ou pas

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Delon, Mpbappé et Vincent Lambert : choisir sa sortie, ou pas

En finir, choisir sa fin, déterminer l’heure et les conditions de son départ la question s’invite ce matin dans vos journaux de manière émouvante, spectaculaire ou dramatique. Voyez Alain Delon à la Une des Dernières Nouvelles d’Alsace. Alain Delon, entre rires et larmes, qui parlait ce dimanche à Cannes d’un hommage posthume de son vivant et qui assurait ému qu’il allait partir bientôt. Les acteurs aiment mettre en scène leur départ. Les footballeurs aussi. Voyez Mbappé, en pleine santé, en pleine jeunesse qui évoque la possibilité d’un départ du PSG et s’offre la Une de l’Equipe en parlant d’un ailleurs. Nul doute que MBappé choisira le jour et l’heure pour annoncer lui aussi sa sortie. Voyez aussi la gauche qui ne veut pas mourir, à la Une de Libération. Cette gauche, titre le quotidien, "en pleine opération survie". Mais ce qui inspire et bouleverse la presse ce lundi matin, ce n’est ni Delon, ni Mbappé, ni la gauche. C’est bien sûr le cas Vincent Lambert à la Une du Figaro, du Parisien-Aujourd’hui en France ou de l’Union des Ardennes qui titre "Tout va se jouer cette semaine". Ce qui se joue, c’est la vie d’un homme et le droit de vivre pour les uns ou de mourir dans la dignité pour les autres.

Débat des lecteurs dans La Croix

À commencer par le journal La Croix qui faisait sa Une sur ce déchirement jeudi dernier et qui ouvre ce lundi matin ses colonnes à ses lecteurs. Franck y écrit ceci : "vouloir faire vivre sa vie à Vincent Lambert sera riche de 1.000 victoires contre la culture de mort", implore ce lecteur de La Croix qui cite Pâques et la résurrection. Autre foi, autre point de vue dans la colonne d’à côté, celui de Christian qui a perdu un fils qui ne comprend pas que l'on refuse à Vincent Lambert "la paix de Dieu".

Les éditorialistes dans le doute

Dans le Figaro, Etienne de Montety met en balance la souffrance de l’épouse de Vincent Lambert et celle de sa mère, il invoque un dilemme, et peut-être doute "Pourquoi, dit-il, ne pas accorder à la victime le bénéfice du doute, c’est-à-dire la vie". Dans l’Union, Géraldine Baerh s’interroge "Quand s’arrête la vie ? Faute de directives anticipée la famille se déchire, la France est divisée. Mais la justice a tranché". Pierre Fréhel enfin dans le Républicain Lorrain se pose des questions sur "ce pays où le choix de mourir devrait être aussi respectable que le droit de vivre, une liberté réclamée depuis longtemps par des associations, et nombre de députés mais sur laquelle le président de la République tarde à se prononcer malgré ses engagements. Le pays des droits de l’homme n’est toujours pas à la hauteur de ses proclamations". Autant de témoignages et de points de vue respectables mais qui nous laissent désarmés devant la souffrance des proches et le drame individuels. Alors, on lira ce matin un portrait sur le site Actu.fr.

Condamnée, elle prépare un tour du monde avec sa fille

Delphine a 38 ans, en pleine santé mais se sait condamnée à terme par la maladie de Huntington, une maladie orpheline, dégénérative incurable dont elle n’a pas encore les symptômes mais qui ne lui accorde qu’un sursis de son propre aveu. C’est la maladie d’une des héroïnes de Dr House, numéro 13 précise-t-elle au magazine. "Aujourd’hui, je vais bien. Je ne veux pas me projeter dans quelqu’un de malade". Alors, avec sa fille Louane (10 ans), elle partira un an autour du monde. "J’ai toujours eu cette envie ancrée en moi. Je crois que 40 ans, c’est l’âge parfait pour partir. Aujourd’hui, je vais bien, donc il faut en profiter !". Delphine a tout programmé la fermeture de sa pizzeria, le voyage en 2020, l’itinéraire, les pays visités, le budget, jusqu’aux cours pour que sa fille puisse continuer à apprendre en voyage. Elle a aussi programmé sa fin de vie Delphine, elle veut partir à 50 ans. Elle voit des psychiatres qui comprennent sa démarche et se renseigne sur l’euthanasie ou le suicide assisté. Car cette ancienne infirmière en réanimation ne veut pas subir la maladie comme sa mère l’a subie.

Nouvelles cartes

L’entretien à Actu.fr s’achève ainsi "Dans la vie, chaque étape sur la route doit être vécue, a son importance. Rien n’arrive par hasard. Après mon dépistage de la maladie, on m’a distribué de nouvelles cartes et il faut que je joue du mieux possible avec". 

Et dans ces cartes, Delphine a sans doute un joker qui doit s’appeler le caractère, l’optimisme ou le courage.