Dans les journaux, il fait bio !

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Ce matin dans vos journaux il fait bio. Bio à la Une du Monde qui revient sur cette étude qui tend à prouver que manger bio réduit les risques de cancer. Idem à la Une de la Provence, le bio c’est mieux la preuve par la santé. Tandis qu’à la Une de Sud Ouest, les hyper misent gros sur le bio. Bref le bio est partout, mais pas dans vos intestins si l’on en croit cette étude rapportée par le Monde sur la présence des plastiques dans la chaîne alimentaire. En clair, nous "bouffons" du plastique, "digérons" du plastique et nous "chions" du plastique. David Abiker le dit grossièrement parce que c’est la conclusion effrayante d’une étude présentée ce mardi au congrès européen de gastroentérologie. Quel que soit le régime alimentaire, elle suspecte que la moitié de la population mondiale a dans le tube digestif des microparticules de plastique. En cause ? Les produits de la mer, mais aussi les emballages voire certains miels industriels. Quand on lit ça, on se dit que décidément on n’est plus du tout prêt à tout avaler.

Mosanto : confirmation de la condamnation

La justice californienne a confirmé lundi la responsabilité de Mosanto et du Roundup dans le cancer de Dewayne Lee Johnson, ce jardinier américain atteint d’un cancer en phase terminal. Même si les dommages et intérêts sont passés de 289 millions à 78 millions de dollars, le jugement n’a pas modifié l’esprit du premier verdict, explique Le Figaro. Derrière ce jugement qui tend à reconnaitre le lien entre cancer et Gliposathe, des enjeux financiers colossaux pour le groupe Bayer (propriétaire de Mosanto) et surtout des milliers de procédures en cours sur le sol américain que le verdict va confirmer dans leur intention de faire payer Mosanto. Non, on n’est plus disposé à tout avaler. Omnivore de tous les pays, unissez-vous ! Ce qui amène David Abiker à vous parler du Méta-Sodium, un produit phytosanitaire qui pourrait être responsable en quelques jours de 70 intoxications dans le Maine et Loire. Le Courrier de L’ouest en parlait la semaine dernière. Le département vient d’en suspendre l’utilisation et la préfecture annonce des contrôles renforcés dans 200 exploitations dans les jours qui viennent. Non, on n’est plus disposé à tout avaler dans les cantines de Montrouge dans les Hauts-de-Seine et de Mennecy en Essonne. Le cahier initiative des Échos annonce que les deux communes lancent la chasse aux plastiques dans les emballages alimentaires des écoles, objectif lutter contre les perturbateurs endocriniens en leur appliquant le principe de précaution. Non, on n’est plus prêt à tout ingurgiter, la preuve par Libération qui ce matin nous fait la visite guidée du salon international de l’alimentation.

Au menu du SIAL, un steak géant et des baies des bois

Autour du thème de la naturalité, "thème un peu fumeux choisi par les communiquant du Sial", s’amuse Libération. On commencera par des algues en mise en bouche, puis des baies des bois en entrée. Ensuite, on travaillera des carrés de chocolat à la betterave et à la carotte suivis de gâteaux à la farine de courgette ou d’un du cake au citron épinard. Bonne dégustation ! Là encore, on limite les plastiques et les emballages. Mais on a encore le droit à la viande avec cet Urban Share Steak Burger, genre de steak géant de un kilo à base de viande française, de fromage italien et de fibres de pomme de terre, le tout est livré dans une grande boite à partager entre amis. La question quand on est confronté à un steak géant emballé comme une pizza c’est de savoir si on peut encore manger sereinement dans ce pays ?

Peut-on encore manger sereinement dans ce pays !

D’un côté, il y a Claude Fichler (sociologue de l’alimentation) qui nous explique que "manger est une activité humaine qui ne va plus de soi. Avec l’individualisme, se mettre à table c’est devenu une façon de dire ce dont on ne veut plus. Pas de viande, pas de gluten, pas de plastique". Bref, avec sa fourchette on affirme son identité. Et le sociologue de regretter que le repas soit de moins en moins une affaire collective. Face à lui, Olivier Bauer (professeur de théologie) affirme le contraire, "on peut faire attention à ce qu’on mange non par caprice individualiste mais par souci du monde. Le café que je bois est-il produit dans des conditions équitables ? les animaux sont ils abattus sans souffrir, les légumes que je mange sont-ils cultivés selon des méthodes qui respectent la terre". Bref, faire attention à ce qu’on mange ca peut être une forme d’humanisme.

Dans le reste de l’actualité c’est pareil. On a du mal à avaler la version saoudienne de la mort du journaliste Jamal Kashoggi et il faudra aussi se méfier de la version turque du président Erdogan, à lire dans le Figaro et Libération. Probable aussi que la réforme de l’assurance chômage qui démarre aujourd’hui apparaisse comme un plat de résistance au gout amer, on en parle dans Le Monde et Les Échos. Possible enfin que les parents aient du mal à digérer ce qu’ils trouveront dans les portables de leurs enfants s’ils fouillent dedans, ce qui est déconseillé par le Parisien-Aujourd’hui en France. Bref, on n’est pas prêt à tout avaler ce matin en lisant la presse. Mais ça tombe bien puisqu’on mange trop.