Dans la presse ce matin : "Mon pays, c’est Johnny !"

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Ce matin quand on lit la presse, "Mon pays, c’est Johnny !". À la Une du Télégramme, "Johnny rallume la Flamme". À la Une du Dauphiné, il "rallume le feu". "Johnny toujours vivant" pour Presse Océan. "Quelle voix !", s’émerveille le Parisien Aujourd’hui en France. La Croix n’a pas osé Johnny la résurrection c’est dommage, mais la plus belle des Unes c’est Libération, un disque de vinyle serti d’une couronne mortuaire, au milieu la photo de l’idole des plus très jeunes et ce titre "Même pas mort". Pourtant, ils sont là les morts. Et à 15 jours de la Toussaint, ils hantent nos journaux à commencer par le journaliste saoudien martyr qui fait la Une de L’Humanité. Des morts il est aussi question en une de l’Union et du Figaro qui annoncent les célébrations du centenaire de la fin de la guerre de 14-18. En fait ce matin la presse honore ses morts pour le meilleur et pour le pire.

Affaire Kashoggi : jusqu’où les diplomatie occidentales protesteront mollement ?

"Un prince modèle, la mort d’un journaliste", titre l’Humanité."L’onde de choc de l’affaire Kashoggi", en Une du Figaro. Et le quotidien d’expliquer pourquoi tous les yeux sont tournés vers Trump. Va-t-il sanctionner ou va-t-il laisser passer ? Et la France ? Emmanuel Macron a indiqué qu’il parlera au roi Salman. Mais concrètement, que vont faire les alliés de l’Arabie Saoudite à par exiger mollement la vérité ? Les diplomaties occidentales pleurent sur le journaliste très probablement torturé par des barbouses saoudiens  de Mohamed ben Salman, des larmes de crocodiles explique le Figaro. Alors la France n’ira pas au Davos du désert, vitrine d’une Arabie présentable, la belle affaire. La réaction européenne est du même acabit. Mollesse, lâcheté, cynisme et pour savoir qui est le fameux MBS (soi-disant populaire auprès des femmes et des jeunes saoudiens), il faut le récit dans le Figaro d’un entretien glacé entre Macron et MBS il y a un an. Alors que Macron indique qu’il veut préserver les relations avec l’Iran, MBS lui lance, les entreprises françaises ne viendront pas en Arabie si elles vont sur le marché Iranien. Macron s’agace, on ne lui parle pas sur ce ton. Ce à quoi MBS lui rétorque "Allez, mangez votre plat". Plus loin, le Figaro rapporte une autre sortie de MBS à l’un de ses hôtes étrangers "Vous m’emmerdez avec les droits de l’homme". Au moins comme ça c’est clair.

Souvenir de la grande guerre et de ses morts à la Une de l’Union.

L’union, le journal champenois, détaille ce matin le périple mémoriel d’une semaine du président dans le nord et l’est de la France qui le mènera de Strasbourg et à Paris en passant par Verdun, Reims ou Notre Dame de Lorette où sont gravés sur l’anneau de la mémoire les noms de 580.000 soldats tombés au combat, issus de 40 nationalités. Une façon pour le présider d’honorer la mémoire des poilus mais aussi pour Guillaume Tabard du Figaro de parler d’Europe et de se représidentialiser. Déjà sous la commémoration de 1918 perce la campagne européenne de 2019.

Burnout parentale en Saône et Loire

Il y a aussi ceux que l’on veut sauver. Sud Ouest vous parle ce matin de l’outil qui détecte le risque de l’AVC conçu au CHU de Bordeaux, il sera bientôt testé dans toute la région, un petit bâton connecté à porter sur soi et qui permet de détecter sans électrocardiogramme les signes avant-coureurs d’un accident vasculaire cérébral. Moins grave que l’AVC mais ravageur, le burnout parental. SOS les parents n’ont plus de batterie, ce sera le thème de six réunions publiques qui vont avoir lieu dans la région de Macon nous annonce le Journal de Saône et Loire. Idées noires, déprime, il faut lire dans le Journal de Saône et Loire les témoignages anonyme et coupable des parents qui sont au bout du rouleau et on n’est seulement six semaine après la rentrée, ça promet.

Édito de Johnny

David Abiker termine sa Revue de presse de ce matin avec les paroles de la dernière chanson de l’ultime album de Johnny sur la musique de l’interlude musical qui coupe le disque en deux. On ne sait pas si la chanson parle d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, mais ça sonne comme l’édito d’un journal qui vient d’imprimer son dernier numéro.

Un espoir décimé sur les pages blanches d’un monde aussi pressé que les trains fantômes

Le cri des oubliés n’a pas trouvé d’échos dans le cœur des hommes

Le monde qu’on espérait ne verra pas le jour, a tous les rescapés d’une époque sans visage j’aurais voulu garder le meilleur de l’instant

Mais je ne suis qu’un homme.