À la une : les "docteurs tant pis", l'investissement massif dans le logement et Tintin en breton

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Grand débat, halte aux "docteurs tant pis"

Jeudi matin dans la presse, une expression fait tilt : "halte aux docteurs tant pis". Le docteur tant pis vous savez qui est-ce ? C’est celui qui dit "Bah le grand débat, ça va servir à rien". Le docteur tant pis c’est celui qui dit "On est un pays foutu". Le docteur tant pis c’est encore celui qui estime que la France est ingouvernable.

Eh bien dans Libération Laurent Joffrin dit "halte aux docteurs tant pis" qui annoncent l’échec automatique du grand débat. Une discussion large, ouverte, franche, vaut mieux qu’une émeute minoritaire. Au moins avec ce grand débat, on cherche une issue.

Et puis dans un autre journal encore, on voit s’allumer une petite lueur d’optimisme et de volontarisme. Pour Nicolas Beytout dans l’Opinion, le grand débat c’est l’occasion en or de faire entendre la voix de l’entreprise et des entrepreneurs. C’est le secteur privé qui a les réponses sur le logement, sur la croissance, sur le pouvoir d’achat, sur l’écologie. Alors jeudi matin, on ne verra pas la vie en jaune "gilets jaunes" ou en bleu CRS, mais la vie en mieux et même si ça ne se dit pas. "Merde aux docteurs tant pis".

Neuf milliards d’investissement dans le logement

Et ils n'attendent pas le lancement du débat national. "Logement, un plan choc à neuf milliards !", titre l’Opinion. Neuf milliards, c’est presque autant que ce que le président a mis le mois dernier sur la table. Action logement, ex "1% logement", et le MEDEF annoncent jeudi un vaste plan pour le logement des salariés modestes.

D'où viendra l’argent ? des marchés financiers qui peuvent consentir des taux très bas. Pour l’Opinion, c’est une proposition face à la colère des "gilets jaunes" parce que le logement est à la croisée de leurs revendications tout comme le transport, le pouvoir d’achat, l’énergie. Car Action Logement veut que ce plan d’investissement concerne également l’isolation des habitations. Cela concerne aussi l’emploi car l’organisme veut encourager les aides à la mobilité. Bref, pour l’Opinion, ces neuf milliards financés via l’endettement privé et les entreprises, c’est à la fois une réponse et une contribution au grand débat.

Le Green New Deal du prix Nobel

Là encore, halte au "docteur tant pis" et vive le volontarisme. Joseph Stieglitz, prix Nobel américain d’économie, en 2001 s’intéresse au cas Français. À nos élites dépassées et déconsidérées et aux Français en colère, il dit : vous avez le choix. Soit vous laissez un environnement dévasté à la génération future, soit vous lui laissez des dettes. Choisissez les dettes en investissant dans le "Green New Deal", la relance de l’investissement en faveur de la décarbonnation et des emplois du futur. S’endetter pour mieux se loger, ou s’endetter pour habiter une planète plus saine, c’est un peu la même logique.

25 % de la faune française menacée

Le Monde consacre une pleine page à la disparition de la faune française. 25 % des espèces sont menacées dans l’Hexagone comme le vison d’Europe, le macareux moine (un oiseau), la bécassine de marais, le gypaète barbu et la rainette de gaucher. Ces petites bêtes, il n’y en aura bientôt plus c’est le constat de l’édition 2018 des chiffres clés de la biodiversité qui viennent d’être publiés le commissariat général au développement durable.

L’EHEA, le HEC des agriculture par Montebourg

Sur la biodiversité jeudi matin, on lira aussi Le Télégramme qui annonce l’ouverture de l’EHEA, l’école des hautes études apicoles. Arnaud Montebourg, chantre du made in France et ancien ministre du redressement productif, lance lundi prochain cette formation apicole et sa marque Bleu Blanc Ruche, une façon de contribuer à la disparition des abeilles et de ne pas accepter le fatalisme des "docteurs tant pis".

Pour finir, toujours dans Le Télégramme et à la une de nombreux titres ce matin, un journaliste de presse écrite qui, malgré ses 90 ans, travaille toujours au journal Le Petit 20ème. Toujours positif, jamais pessimiste… C’est Tintin. Et Le Télégramme fait le portrait d’Olivier Briguet, 41 ans, enseignant qui s’est mis au breton à 20 ans et qui est devenu l’un des traducteurs de référence de Tintin en Breton.

L’Île noire devient "Sus l’Ile Naire", Le secret de la licorne se dit "La cutrie de la licorne", Le trésor de Rackham Le rouge se traduit par "la Guenochée de Rackam Le Rouge". Depuis qu’il a traduit Tintin en breton, Olivier n’a plus arrêté. Pourquoi fait-il cela ? Pour transmettre un patrimoine linguistique à ses enfants, une langue qui ne veut pas disparaître, le breton. Comme Tintin, Olivier c’est le contraire d’un "docteur tant pis".