A la Une - Le peuple ne lit plus "L’Humanité", il lit Facebook

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Bonjour David Abiker, pour votre revue de presse de ce lundi 28 janvier, vous voulez nous parler de L’Humanité ? 

Bonjour Nikos, oui à la Une ce matin, un homme le visage en sang, ce pourrait être Jérôme Rodriguez, le "gilet jaune" blessé à l’œil samedi à Paris, mais c’en est un autre. Ce visage est à la Une de L’Humanité avec ce titre "Les gueules cassées demandent des comptes". Au-delà des violences policières en question, ce sont les comptes de L’Humanité qui sont aujourd’hui dans le rouge puisque le journal fondé par Jaurès est en cessation de paiement. L’Humanité pourrait cesser d’exister faute d’argent, faute de lecteurs.

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La Une de "L'Humanité" du lundi 28 janvier 2019. Crédit : "L'Humanité"

Voilà pourquoi son directeur Patrick le Hyaric lance une souscription au nom de la survie du journal, au nom du pluralisme et de la cause populaire. Quel rapport avec la Une de La Croix qui vit avec un solide matelas d’abonnés ? La parole qui fait la Une du quotidien catholique, la parole politique sous tous ses aspects.

La parole a peut-être remplacé la lecture, et cette parole s’exprime sur les réseaux sociaux. C’est peut-être le grand problème de L’Humanité, le peuple à qui le journal communiste s’adressait a déserté les kiosques pour Facebook. C’est là qu’il débat, qu’il lit et partage des nouvelles plus ou moins vraies. C’est le problème de L’Humanité qui risque la clé sous la porte mais c’est aussi un problème pour toute la presse.

Que vaut la parole politique sur les 80 km/h ?

Et là encore il est question de parole, la parole et la crédibilité des politiques ! Voilà ce qu’on peut lire dans l’Ardennais ce matin : "La limitation à 80 km/h est impopulaire mais fondée". Dans Le Parisien Aujourd’hui en France idem "Entre 2017 et 2018, il y a eu sur les routes 245 morts de moins. Mais efficace ou pas efficace, il semble que ce ne soit plus la question. La mesure n’en finit pas d’être impopulaire". C’est tout le paradoxe d’une politique qui a des résultats mais qui ne plait pas à tout le monde. Et Le Parisien Aujourd’hui en France rapporte ces propos surréalistes du Président tenus lors de son tête-à-tête de la semaine dernière avec Laurent Wauquiez : "Je n’y suis pour rien. C’est le premier ministre et c’était une connerie".

Mais hier en marge de sa visite en Egypte le même Président a déclaré, "C’est un engagement courageux et utile selon les experts". Faudrait savoir. Pour sortir de ces embardés, il est donc question de laisser les départements évaluer eux-mêmes l’utilité des 80 km/h selon les tronçons de route. Ça réjouit un élu local qui confie avoir conservé les anciens panneaux mais ça fait des départements les comptables des vies humaines sauvées ou perdus.

Entendu sur europe1 :
" En un an, la politique de sécurité routière est devenue plus politique et moins routière "

Ça fait aussi bondir la présidente de sécurité routière. Je la cite : "En santé publique, on ne laisse pas les élus locaux décider si on fait vacciner les enfants ou pas. Les 'gilets jaunes' réclame la fin de l’ISF, je ne comprendrais pas que Macron cède sur la vie et pas sur le pognon." Elle n’a pas tort la présidente de la sécurité routière. Sauf qu’en un an, la politique de sécurité routière est devenue plus politique et moins routière.

Chut, le chômage baisse !

Sans doute parce que les journaux l’ont annoncé ce week-end et que la nouvelle a été couverte par la parole des "gilets jaunes", celle des "Foulards rouges" ou des "Marcheurs pour le climat". Le chômage qui baisse c’était la Une du Figaro et du Monde samedi et c’est aussi la Une du Parisien Aujourd’hui en France ce matin qui recense ce qui marche pour réduire le chômage. Par exemple, le dispositif Territoires zéro chômeurs ça marche, avec les entreprises à but d’emploi qui embauchent des seniors ex-chômeurs de longue durée.

" En fait, ce qui marche en matière d’emploi c’est le volontarisme et bien sûr l’activité "

Le Parisien met aussi l’accent sur Convers, une entreprise niçoise qui embauche 30 % de seniors. En fait, ce qui marche en matière d’emploi c’est le volontarisme et bien sûr l’activité. Sauf que le volontarisme c’est encore de la politique et du rapport de force comme celui qui s’affiche en Une des Echos. Le gouvernement veut imposer un malus aux entreprises qui embauchent trop de précaires et le patronat lui ne veut pas du bonus-malus. Je vous parle emploi parce que souvenez-vous, sous Hollande, tous les mois on scrutait le chômage, on disait c’est la mère des batailles. Moins de deux ans plus tard, la mère des batailles, elle se joue dans la rue autour du pouvoir d’achat, de la participation et du prix de l’essence.

Peaux d’ados

On finira avec ce papier du Figaro qui nous parle de la peau des jeunes françaises ça aussi c’est une bataille, c’est même la guerre de boutons. Age ingrat mais peau parfaite. Les adolescentes ont moins de boutons nous dit en substance le Figaro Style. Pourquoi, parce qu’elles se nourrissent mieux, parce qu’elles sont mieux conseillées notamment par leur mère et parce qu’avec les vidéos des youtubeuses, les fameux tutos, ces jeunes filles prennent mieux soin de leur peau.

Au temps d’internet c’est très n’important parce qu’il faut non seulement avoir une belle peau dans la vie réelle mais aussi sur les réseaux sociaux. C’est deux fois plus de boulot.