A la Une : la violence et deux boxeurs

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8:15
La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Bonjour David Abiker, pour cette revue de presse de rentrée de janvier, les boxeurs font la une

Bonjour Nikos, bonjour à tous !

Oui, ce matin dans vos journaux c’est la violence la championne. Une violence qui s’incarne à travers deux boxeurs. A ma gauche Christophe D. ancien champion de France professionnel des lourds-Légers dont le journal l’Equipe raconte le parcours sans histoire de ses débuts dans la boxe à Saint-Geneviève-des-Bois jusqu’au pont Senghor à Paris samedi où il a été filmé frappant un policier à terre puis un autre. Il est devenu l’idole des "gilets jaunes" sur internet comme le souligne le Huffington Post mais se cherche un avocat.

A ma droite, Didier Andrieux, officier de Police, filmé lui a Toulon, frappant un manifestant et qui s’étaient déjà signalé il y a deux ans par des coups sur un collègue. Vidéo choc à Toulon titre Var matin. Au-delà du match en images des boxeurs, l’Etat cherche des ripostes à la crise des "gilets jaunes", c’est la une du Figaro.

Mettre la violence à distance

La violence de la presse ce matin c’est aussi celle du silence qui a longtemps entouré les actes de pédophilie dans les rangs de l’Eglise et dont le procès du Cardinal Barbarin est le symbole ce matin, en une de La Croix. La violence c’est aussi celle dont on se souvient quatre ans après les attentats de Charlie Hebdo et de la supérette cacher dans La Provence qui se demande ce qu’il reste dans la France d'aujourd’hui de nos indignations ? Mais ne nous fions pas à cet effet d’optique qui conduit souvent la presse à guetter le désastre. Un exemple un seul, le recul de la violence routière qui fait la une du Courrier Picard. 53 vies épargnées sur la route en 2018 par rapport à 2017. 53 vies qui tiennent la violence à distance.

La violence, une impasse dont la politique a du mal à nous sortir

Pour le gouvernement, comme pour les "gilets jaunes" on cherche l’issue. C’est le Figaro qui ce matin raconte comment le gouvernement s’est laissé surprendre par cet "acte 8" et le regain de mobilisation des "gilets jaunes". Anticiper la mobilisation est devenu impossible explique le quotidien car les services de renseignement ne peuvent même plus se fier à Facebook puisque les manifestants communiquent désormais leurs intentions sur des messageries cryptées.

Le Figaro qui pointe les hésitations de l’exécutif à apporter une réponse sécuritaire qui ne fait pas l’unanimité en ses rangs tout en pariant sur le grand débat que le président lancera le 15 janvier. Grand débat qui ne fait pas l’unanimité non plus. C’est compliqué aussi dans les rangs de l’opposition, aucun parti n’est capable de condamner franchement les violences sans invoquer la responsabilité du gouvernement. C’est le débat de la poule et de l’œuf sauf, qu’à la place de l’œuf il y a la violence. Intéressantes aussi les hésitations des "gilets jaunes" racontées ce matin par Libération.

"Gilets jaunes" encore, du rififi chez Tapie

Libération relate ce matin le déroulement compliqué et contesté de la réunion qui a rassemblée samedi à Marseille une soixantaine de "gilets jaunes" venus de toute la France et montée avec l’aide logistique de La Provence et de Bernard Tapie. Une réunion immédiatement contestée par des "gilets jaunes" opposés à toute tentative de représentation par d’autres "gilets jaunes". Une drôle d’ambiance donc, du côté "gilets jaunes" comme du côté des politiques. Ce qui fait dire malgré tout à Jean-Michel Le Bretonnier dans la Voix du Nord qu’on ne trouvera les réponses et les remèdes à la crise qu’en faisant…de la politique. Malgré tout.

Lundi sans viande, une violence à soi-même

En tout cas, le quotidien nous propose de nous faire violence à nous-même et c’est très supportable puisqu'il relaie, explique et défend l’appel de 500 personnalités à ne consommer ni viande ni poisson le lundi avec tout de même à sa une cette question "à quoi bon ?".

Ribéry ou l’entrecôte de la discorde

Elle a fait causer tout le week-end la côte de bœuf dorée de Franck Ribery photographié à Dubaï. Elle a cristallisé toutes les haines sur les réseaux sociaux. D’abord la haine de l’argent, cachez cet or que l’on ne saurait ni voir ni manger. On lui a reproché le prix fantaisiste de son plat rôti par un chef turc habitué des grillades bling bling. Ribéry s’est aussi attiré les foudres morales de l’ancienne journaliste Audrey Pulvar à qui il a renvoyé ses lunettes de luxe à la figure. Evidemment, les vegans ont tourné de l’œil devant cet étalage de bidoche. Alors Ribéry a mis son gilet d’or et s’est lâché sur Twitter, contre tout le monde et contre les rageux, leurs mères et leurs grand-mères dans un langage si fleuri que son club a décidé de le sanctionner.

L’histoire de la côte de bœuf de Ribéry est exemplaire car ce que le Bayern de Munich a sanctionné ce n’est pas liberté du joueur mais les insultes qu’il a proférées sur internet contre ses détracteurs. Quand on joue et qu’on représente un grand club on surveille d’abord son langage avant de surveiller son régime alimentaire. Ceci dit, on peut aussi surveiller les deux.