A la Une : la guerre des cagnottes

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Bonjour David Abiker, vous avez parcouru la presse ce matin du mercredi 9 janvier et vous avez remarqué que c'est la guerre des cagnottes qui préoccupe les journalistes et les éditorialistes aujour'd'hui.

Bonjour Nikos, oui ce matin dans les journaux, c’est l’argent le nerf de la guerre avec une bataille, la bataille des cagnottes qui fait la une du Parisien-Aujourd’hui en France. Car désormais c’est Cagnottes contre Cagnottes résume également La Provence. D’un côté celle du boxeur de policiers close alors qu’elle approchait les 120.000 euros et face à elle, la cagnotte de solidarité avec les forces de l’ordre ouverte par Renaud Muselier, président Les Républicains de la région PACA. Elle avoisine ce matin les 160.000 euros et n’étonne personne contrairement à la cagnotte de la honte, qui indigne la plupart des éditorialistes comme Cécile Cornudet des Echos qui a cette phrase terrible "La violence paie…les casseurs viendront bientôt avec un sponsor sur leur tee-shirt".

Et ce matin je suis allé par curiosité sur Leetchi le site sur lequel ou peut ouvrir une cagnotte pour tout et n’importe quoi. J’y ai découvert l’existence d’une souscription pour que la ministre la ferme. 331 personnes ont réuni 424 euros…pour qu’elle se taise. Voilà qui prouve qu’une cagnotte peut devenir un outil de bêtise collective et que les imbéciles sont prêts à payer de leur poche pour cela. Ça rendrait presque les impôts et taxe populaires.

Le salaire de Chantal Jouanno en débat, lui aussi.

Chantal Jouanno qui devait piloter le Grand débat National renonce titre Ouest France. Son retrait s’explique par la polémique née ces dernières heures sur son salaire de 14.666 euros brut par mois. Un salaire pas exceptionnel, assure le quotidien, en comparaison d’autres postes équivalents dans la République. Et c’est peut-être là qu’on peut se demander si le pays ne perd pas la tête en indexant la décence sur le niveau de salaire d’un serviteur de la République. La décence d’ailleurs est-ce bien passionnant écrivait le romancier Philippe Roth dans la Pastorale Américaine.

 

Mais derrière le désengagement de Chantal Jouanno, Yves Thréard dans le Figaro voit se profiler le flop du Grand débat : "La France n’est pas l’Athènes de Périclès ou un canton suisse". Et si vous lisez plus loin le Figaro, Guillaume tabard prend le relai : "Souvenez-vous du débat sur la bioéthique, un bel exemple de participation citoyenne dont les conclusions sont superbement ignorées". En vérité, dès que vous suscitez un débat de manière trop encadrée, l’envie de débat se dégonfle c’est comme une savonnette qui vous échappe !

Taxe d’habitation, le débat inattendu

Le débat surgit non pas là où on l’organise, mais là où on ne l’attendait pas. Le meilleur exemple c’est les ronds-points. Ça discute sur les ronds-points, on y refait le monde. Autre exemple, la taxe d’habitation. Dans les Echos, une pleine page sur cette question qu’on pensait réglée : faut-il maintenir la taxe d’habitation pour les 20 % de ménages les plus aisés. Au départ tout le monde devait être exonérés, et au moment où l’on ne s’y attendait pas, ce débat s’ouvre à nouveau.

Ce qui ne fait pas débat ce sont les soldes en une de la Montagne, "Les soldes de la dernière chance" s’inquiète plutôt Sud-Ouest. Parviendront-ils à compenser le manque à gagner de l’automne ? Ce n’est pas sûr, mais les commerçants comptent dessus.

Le prix exorbitant des nouveaux traitements anti-cancer

En revanche s’il y a quelque chose qui n’est pas soldé, ce sont les traitements anti-cancer nouvelle génération et qui s’appuie sur la modification génétique des cellules. Les Echos expliquent ce matin que ces nouveaux traitements contre certaines leucémies peuvent coûter jusqu’à 350.000 euros par patient. Un coût intégralement pris en charge par la sécurité sociale mais qui heureusement pour les finances publiques concerne peu de monde. Ça reste des prix très élevés mais qui devraient baisser et cette fois, avec ces nouveaux traitements on ne vise plus la rémission ou le sursit : on vise la guérison.

Se lever tard, un nouveau débat ?

On va terminer avec ce papier du Parisien et l’idée de la région Île-de-France de laisser dormir les lycéens une heure de plus en faisant démarrer les cours à 9 heures et non pas 8. En se réveillant un peu plus tard, les ados n’auraient pas l’air de zombies dès la première heure de cours et seraient peut-être moins énervés. Et si ça marchait aussi sur les Français ? Imaginez que la France se lève un peu moins tôt, qu’à la France qui se lève tôt on substitue une France qui se lève plus tard ? Le pays serait peut-être moins énervé, plus apaisé ? Je propose qu’on ouvre le débat. Ça n’en fera qu’un de plus.