À la Une : ceux qui se jettent à l'eau et ceux qui se mettent à l'eau

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Bonjour David, pour votre revue de presse de ce mercredi 2 janvier, vous nous dites que la presse se met à l’eau ?

Effectivement, ce matin dans la presse, il y a ceux qui se jettent à l’eau et ceux qui se mettent à l’eau. Ils se jettent à l’eau, ce sont les nordistes de Mers-les-Bains, du Tréport ou encore de Cagneux sur mer, ils sont à la une du Courrier Picard. Hier à midi pile, dans tous les déguisements possibles, et il y en a d’excellents, ils ont couru vers une eau à 8 degrés.

Entendu sur europe1 :
Gérald Darmanin mouille le maillot comme en campagne électoral pour réussir le prélèvement à la source et jouer les bons élèves de la réforme

Celui qui se met à l’eau, c’est Jean-Louis, 55 ans. Il a les honneurs du Parisien-Aujourd’hui en France car il a décidé de renoncer à l’alcool en janvier, pas une goutte promet-il inspiré par une tradition qui vient de Grande Bretagne. On appelle ça "Dry January", que l'on peut traduire par "Janvier sobre". Alors que nous disent tous ces gens qui se mettent à l’eau ? Les baigneurs fous du Courrier Picard qu’il faut se projeter en 2019, ce que fait toute la presse ce matin. Et Jean-Louis, qui lui se met à l’eau, nous rappelle qu’on peut se réformer soi-même en arrêtant l’alcool. Ce qui nous amène directement à la réforme du prélèvement à la source.

Car avec le prélèvement à la source, en vigueur depuis le 1er janvier, Gérald Darmanin joue gros.

Oui. En cette rentrée 2019, le ministre des comptes public élu du Nord, a la responsabilité de cette réforme à hauts risques. "Tous les sondages sont de plus en plus positifs assure-t-il au Figaro, les Français accepteront ce changement d’habitude", promet le ministre qui s’est tout de même fait quelques cheveux blancs ces derniers mois malgré ses 36 ans observe le quotidien.

98 millions de courriers explicatifs adressés aux contribuables, 70 déplacements sur le terrain, près d’une vingtaine en janvier et des visites dans les centres d’appel. Il mouille le maillot comme en campagne électoral pour réussir le prélèvement à la source et jouer les bons élèves de la réforme. Sauf qu’au sein du gouvernement les macronistes lui en veulent et lui reprochent de s’être planqué pendant la crise des "gilets jaunes"…

Peu importe, pour le ministre le prélèvement à la source est une immense réforme dit-il, il y aura un avant et un après et c’est la preuve qu’on peut encore réformer. Mais le prélèvement à la source est une réforme décidée par François Hollande et absolument pas un marqueur du macronisme. D’ailleurs ce matin plusieurs titres se posent cette question, Macron peut-il encore réformer après le mois de décembre qu’il vient de passer ?

Et pour répondre à cette question, vous nous dites que c'est le festival des experts dans la presse.

Oui, L’Opinion organise même en ses colonnes une sorte de festival de la réforme avec une ribambelle d’experts qui y vont tous de leur conseil au Président, et au gouvernement. Il faut expliquer davantage, il faut utiliser mieux l’opposition, il faut transformer puissamment tout réinventer vraiment, il faut consulter les Français, il faut associer les Français, il faut réussir de front le grand débat et la conduite des réformes ou encore il faut laisser agir la société. Il faut il faut il faut ! Pour les "il faut", les conseilleurs sont donc toujours là…

Et si on observait les solutions des animaux ?

Alors pour cela, il faut lire Emmanuelle Pouydebat directrice de recherche au CNRS qui célèbre dans Libération l’ingéniosité non pas des experts et autres consultants en réforme et solution mais, l’intelligence des animaux dont elle salue le sens de l’orientation et de l’adaptation. Comme les fourmis du Sahara qui font preuve d’une très grande intelligence collective et savent se repérer au milieu de nulle part.  Ou encore les éléphants qui savent trouver des ressources dans des endroits sans végétation, et les chimpanzés qui n’ont pas d’équivalent pour localiser les fruits dans la forêt pour se nourrir.

" Une française sur trois n’est pas satisfaite sexuellement "

Sans parler des pigeons qui ne se perdent jamais même quand on les égare ou le jardinier satiné, cet oiseau bleu qui sait exploiter son milieu sans l’épuiser. Les animaux utilisent mieux leurs capacités que les hommes c’est ce que nous explique en substance la scientifique.

Et on se demande si parfois pour réussir les réformes on ne devrait pas se fier aux flairs des animaux plutôt qu’à la science des experts. Les animaux nous donnent même des leçons de séduction, telle l’araignée paon qui réalise des chorégraphies pas possibles pour séduire la femelle. Les Français seraient d’ailleurs bien inspirés d’observer l’araignée paon. Je vous dis pourquoi juste après ça.

Enfin, vous changez de thème David pour nous parler d'une étude sur la sexualité. Et il semblerait que les Françaises soient insatisfaites ?

Oui, les Français devraient investir davantage leur vie amoureuse et sexuelle. Une étude de l’IFOP réalisée dans six pays européens et citée ce matin par le Parisien Aujourd’hui en France explique qu’une française sur trois n’est pas satisfaite sexuellement. Un chiffre supérieur à celui allemand. L’étude confirme aussi que ce n’est pas la fréquence des rapports qui fait le bonheur. Les Françaises ont ainsi des relations sexuelles plus fréquentes que la moyenne européenne en étant moins satisfaites que les Finlandaises et en ayant moins d’amants dans une vie que les anglaises. Les Anglaises qui restent sur ce plan et malgré le Brexit les championnes d’Europe.

Mais les plus heureuses, ce sont les Hollandaises, tant sur le plan sentimental que sexuel. Vous allez me demander pourquoi, mais l’enquête Ifop ne le dit pas. Je me contenterai simplement de vous dire que la Hollande est le pays de la réforme.