A la Une : après les "gilets jaunes" et les "gyros bleus", "les stylos rouges"

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour de cette semaine, Eve Roger scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

C'est l'heure de la revue de presse de ce vendredi 28 décembre, bonjour Eve Roger.

Bonjour Pierre, bonjour Marlène, bonjour à tous.

Vous connaissez les "gilets jaunes", vous avez entendu parler des "gyros bleus" ? Et bien ce matin, je vous présente les "stylos rouges". Alors ce ne sont ni des écrivains ni des journalistes en colère, mais des professeurs. C'est la Voix du Nord qui a déniché leur page Facebook qui compte aujourd'hui 24.000 membres et qui raconte : les "stylos rouges" sont nés après le mea culpa d'Emmanuel Macron le 10 décembre dernier. Parce que dans ses annonces, il n'y avait rien pour eux. Pourtant, explique l'un d'eux, prof de collège à côté de Valenciennes, "nous aussi nous subissons l'augmentation des taxes et de l'électricité".

Donc les revendications, c'est augmentation des salaires et dégel du point d'indice, mais aussi plus de profs et moins d'élèves par classe. Ils disent préparer des actions, et qui sait si à la rentrée les "stylos rouges" ne deviendront pas les "gilets jaunes" de Jean-Michel Blanquer.

Autre inquiétude : le prélèvement à la source qui commence dans quatre jours.

Même sujet en Une du Monde et du Figaro avec quasiment le même titre : "Une réforme à hauts risques". Alors c'est vrai que de se lancer cette opération en ces temps de ras-le-bol fiscal et de pouvoir d'achat en berne, ça peut paraître kamikaze. L'éditorialiste du Figaro prévient : "le gouvernement prend le risque de rallumer le feu sur les ronds-points encore fumants. Au premier couac, la nouvelle se répandra comme une traînée de poudre et pourrait bien raviver la colère des 'gilets jaunes'".

Entendu sur europe1 :
Comment ces "gilets jaunes" qui détestent Emmanuel Macron et l'ont dit haut et fort pourraient-ils maintenant aller dans son sens ?

C'est aussi un risque pour la croissance renchérit Le Monde. Si les Français ont le sentiment de toucher moins d'argent, ils consommeront moins. Pourtant le quotidien du soir rappelle quelques données plutôt rassurantes : d'abord 68% des Français sont favorables à cette réforme, c'est déjà ça. Et puis, près de 60% d'entre eux ne sont pas concernés puisqu'ils ne payent pas d'impôt sur le revenu.

Pour les autres, ceux qui payent, les deux tiers sont déjà mensualisés. "Avec la réforme, ils vont même gagner 15 jours de trésorerie", martèle depuis des semaines Gérald Darmanin, ministre des comptes publics, cité par Le Monde. D'ailleurs pour le ministre, il n'y a aucune inquiétude à avoir : le prélèvement à la source, c'est comme le bug de l'an 2000, raconte-t-il. Tout le monde a crié au loup et il ne s'est rien passé. Méthode Coué

La presse affiche aussi un certain optimisme autour des "gilets jaunes" ce matin.

Oui, on dirait que Le Parisien-Aujourd'hui en France et la Croix se sont donnés le mot. Le Parisien s'interroge en Une : "'gilets jaunes', et si Macron en profitait", tandis que La Croix suggère que cette crise est peut-être utile, que c'est même une chance à saisir. Alors pour Emmanuel Macron, comment ces "gilets jaunes" qui le détestent et l'ont dit haut et fort pourraient-ils maintenant aller dans son sens ?

La réponse du Parisien est assez cynique : si les gilets jaunes montent une liste indépendante aux européennes, cela affaiblira le Rassemblement national d'un côté et les Insoumis de l'autre. La droite n'arrivant pas à tirer les marrons du feu de cette affaire. Tout cela pourrait donc bénéficier à La République en Marche du président Macron. Résultat : la Macronie garde espoir. La preuve ?  Le Parisien cite un ministre : "Les Français aiment les écorchés. Et encore plus quand ils reconnaissent leurs erreurs"

L'analyse de la Croix, elle, est plus approfondie. Pour le quotidien catholique, la crise des gilets jaunes est une chance car ça va obliger le gouvernement à s'interroger à chaque nouvelle réforme. Est-ce que cette réforme va avoir un impact sur le creusement des inégalités sociales ou la fracture territoriale ?

On va parler maintenant de choses concrètes et non pas à venir, la fermeture des mosquées radicales.

C'est une enquête très instructive du Figaro qui raconte ce matin comment les préfets s'y prennent pour obtenir la fermeture de mosquées radicales. Alors le journal rappelle en préambule qu'il y 2.600 lieux de culte musulman en France et que la plupart ne posent aucun problème. Seules 130 mosquées considérées comme radicales sont vraiment dans le viseur. 300 autres sont classées comme rigoristes, car elles écornent par exemple le principe de l'égalité femmes-hommes.

"Alors, avant la fermeture, ce sont des longs mois d'investigation aussi serrées que discrètes", raconte Christophe Cornevin dans le Figaro. Les policiers rassemblent minutieusement des témoignages, des images des documents qui prouvent qu'on y fait, entre autres, l'apologie d'actes de terrorisme". Depuis 2012, 51 mosquées ont été fermées. La dernière, c'était il y a quelques jours, à Hautmont dans le Nord, près de la frontière belge.

Appel à la violence et à la haine envers les non croyants, discriminations vis-à-vis des femmes, apologie du terrorisme, tout y est selon la justice qui a été saisie. Même influence sur les jeunes du quartier, puisqu'on a remarqué, écrit le journal, un phénomène croissant de déscolarisation des enfants dans le secteur. Un policier raconte : avant, nous redoutions qu'une fermeture de mosquée ne fasse des vagues dans le quartier. Au contraire, elle est vécue localement comme une libération par les habitants qui ne veulent pas vivre sous le joug d'un imam obscurantiste. 

Et on termine Eve avec une soirée qui s'annonce électrique

Oui, il s'agit du 31 décembre prochain. Les opérateurs attendent 200 millions de SMS en quelques heures, des SMS de vœux. C'est le trafic le plus intense de l'année. Et le Parisien nous apprend ce matin que les quatre opérateurs du marché font exceptionnellement alliance à la Saint-Sylvestre pour éviter les bugs…notamment pour que ces messages quasi-instantanés ne mettent pas trois jours à arriver.

Concrètement ça veut dire qu'un SMS envoyé d'un mobile Bouygues pourra ce soir-là transiter par un réseau d'Orange. Vous voyez, c'est un peu comme les "gilets jaunes" et les élections européennes en ce moment. Les partis politiques traditionnels se demandent ce qu'il y a de pire pour eux : un peu de gilets jaunes dans toutes les listes ou qu'ils fassent bande à part ? Ils ont encore quelques jours pour réfléchir.