Wirecard : Un scandale financier en Allemagne proche de la faillite d'Enron

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Un nouveau scandale fait rage dans le capitalisme allemand... Après le Dieselgate de Volkswagen, le scandale financier Wirecard. Il pourrait s'agir de la plus grande fraude financière récente, rappelant le scandale Enron aux Etats-Unis: la société allemande Wirecard a admis lundi qu'une somme de 1,9 milliard d'euros, bien qu'inscrite à son bilan, n'existait "très probablement" pas.

C’est un énorme scandale financier qui secoue l’Allemagne, avec l’effondrement frauduleux d’une star de la Bourse de Francfort…

On compare cette affaire à la faillite d’Enron aux Etats-Unis au début des années 2000 ou encore au Dieselgate de Volkswagen : cette fois, c’est une star de la finance allemande qui est en cause. Une société au nom peu connu, Wirecard, mais qui joue un rôle essentiel puisque son métier consiste à gérer les paiements en ligne de plus de 300.000 entreprises dans le monde et à faire en sorte que quand vous achetez des choses en ligne, le commerçant soit bien payé. Wirecard a commencé dans les jeux en ligne et le porno avant de devenir un géant des paiements électroniques. Un géant qui valait 24 milliards d’euros il n’y a pas longtemps à la Bourse de Francfort et qui ne vaut presque plus rien aujourd’hui…

Elle ne vaut rien car on a découvert une fraude gigantesque…

Oui et c’est là que l’affaire est embarrassante car ni le cabinet d’audit EY, censé contrôler les comptes, ni le gendarme de la Bourse n’ont rien vu. « C’est du jamais vu, c’est une honte », a d’ailleurs dit le président de l’autorité de contrôle allemande. Les enquêteurs ont découvert en effet qu’une somme de 1,9 milliard d’euros inscrite dans les comptes de Wirecard… n’existait pas ! Ces fonds étaient censés appartenir à des banques basées aux Philippines. En réalité, c’était un leurre, une écriture frauduleuse. A priori, aucun particulier ne serait lésé dans l’affaire. Mais après la découverte l‘an dernier de malversations chez Deutsche Bank, ce nouveau scandale ternit un peu plus l’image de la finance allemande.