Sous-marins : l’accord stratégique signé entre la France et l’Australie

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L'édito économique est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Trois ans de négociations et à l’arrivée un contrat géant, dans lequel tout est hors normes et qui va permettre à la France de livrer des sous-marins à l’Australie.

Les enjeux sont considérables. Les enjeux car ils multiples. Enjeu économique d’abord puisque ce contrat de 1.400 pages est évalué à 34 milliards d’euros avec une première tranche d’un milliard et demi pour le design, c’est-à-dire l’architecture des sous-marins. Lesquels seront ensuite construits en Australie par Naval Group.

 

C’est quoi Naval Group ?

C’est un groupe public, contrôlé aux deux-tiers par l’État et le reste par Thales, un autre groupe de défense. C’est Naval Group qui fabrique tous les sous-marins français, dans sa base de Cherbourg. En ce moment par exemple, trois sous-marins d’attaque Barracuda ultra-modernes sont en cours de construction là-bas. Ils fabriquent aussi des navires de surface comme les frégates Fremm. Naval Group emploie 13.500 personnes, ils font près de quatre milliards de chiffre d’affaires. C’est le leader européen de l’industrie navale militaire.

Ce contrat, c’est aussi un moyen pour nous de conserver cette industrie.

Oui c’est capital. Le contrat australien est l’un des plus gros de tous les temps, il court sur 50 ans, et cela veut dire que la France s’engage à maintenir l’outil industriel de Naval Group sur le très long terme. Nous avons absolument besoin de contrats de ce type pour maintenir une industrie de défense de pointe. C’est la même chose pour les missiles, les satellites d’observation, les avions de combat… quand on vend un Rafale à l’export, par exemple, ça permet de maintenir nos capacités industrielles à niveau et de rester dans la course pour les programmes suivants. C’est absolument indispensable si on veut conserver une capacité de défense autonome. Sinon, sans ce savoir-faire industriel, nous serions dans les mains des Américains. Certains ont fait ce choix-là. Pas la France.

Il y a enfin un derrière ce gros contrat un enjeu géopolitique.

Fondamental : avec ces sous-marins, la France apporte à l’Australie la supériorité maritime en Asie du Sud Est, face une Chine qui gagne en influence dans le Pacifique sud. Avec cette alliance, la France et l’Australie envoient un message fort à Pékin : nous sommes là, il faut compter avec nous.