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La Chine multiplie les représailles économiques contre l’Australie, un avertissement contre tous les pays occidentaux qui oseraient la critiquer. Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Pour avoir osé critiquer la Chine, l’Australie fait l’objet de sanctions économiques sans précédent. C’est un cas d’école !

À travers l’Australie, Pékin adresse un message à l’Occident. Si vous nous critiquez, voilà ce qui va vous arriver. La colère de Pékin à l’égard de Canberra a commencé il y a quelques mois lorsque le Premier ministre australien Scott Morrison a demandé l’ouverture d’une enquête indépendante sur l’origine de l’épidémie de Covid-19. Il a été le premier à le faire. Depuis, l’OMS a suivi. Mais le régime de Xi Jinping ne l’a pas digéré et a décidé de faire payer très cher aux Australiens leur insolence. Tout est bon pour les faire payer. La Chine a mis fin aux importations de bœuf, le pays étant le premier client des éleveurs australiens. Elle accuse les Australiens de dumping sur le vin. Elle a décidé d’imposer des droits de douane de 80% sur l’orge. Et depuis ce week-end, la Chine bloque les importations de charbon australien.

Le charbon étant le 2e produit d’exportation de l’Australie.

Elle a du coup saisi l’OMC ce mercredi, mais ça n’aura aucune conséquence rapide. Les Australiens redoutent encore d’autres sanctions chinoises. Car Pékin ne fait pas dans la nuance : fin novembre, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait posté sur Twitter une photo trafiquée d’un soldat australien serrant un couteau plein de sang sur la gorge d’un enfant afghan. Twitter est interdit en Chine mais ça n’empêche pas la propagande du régime de s’en servir. La Chine a décidé de traiter l’Australie en ennemie aussi parce que ce pays a également été un des premiers à écarter Huawei des réseaux 5G. Mais également à critiquer la Chine pour ses agissements au Xinjiang et à Hong Kong.

Ce bras de fer à des milliers de kilomètres est suivi avec beaucoup d’attention chez nous.

On y voit une sorte de répétition générale de ce qui pourrait nous arriver à nous, Français, Allemands, Britanniques. Dans ce bras de fer inédit avec un grand pays occidental, la diplomatie de Xi Jinping utilise toute la palette des pressions économiques. Evidemment, vis-à-vis d’un pays dont 40% des exportations vont vers la Chine, ces pressions font très mal. L’Europe est moins dépendante mais on doit anticiper des relations plus rugueuses à l’avenir. Les plus inquiets aujourd’hui sont les Britanniques : le Royaume-Uni post-Brexit se trouvera un peu dans la même position que l’Australie, seul face aux pressions économiques chinoises. Parmi les 14 griefs adressés par Pékin aux Australiens, il est fait mention de la manière dont les médias australiens parlent de la Chine. Des sanctions économiques pour museler la presse : le régime de Xi Jinping est vraiment prêt à tout