Retour de l'ISF : le sujet n'est pas tabou selon François Bayrou

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L'édito économique est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Cela fait partie des sujets polémiques qui ont émaillé les discussions lors du Grand débat: la réforme de l’ISF. Et c’est un allié de poids du président, François Bayrou, qui met les pieds dans le plat.

"Il n’y a pas de sujet tabou" a dit Emmanuel Macron. "Chiche" lui a répondu hier sur cette antenne le président du Modem François Bayrou. Le maire de Pau, qui est très écouté par le président, n’a pas digéré la réforme de l’ISF. Il revient donc à la charge sur le sujet. Alors soyons précis: il était pour une réforme, mais plus limitée que celle décidée par le gouvernement et votée par la majorité. Les députés Modem avaient d’ailleurs déposé un amendement dans ce sens, qui avait été retoqué par le groupe En Marche. Bayrou revient donc à la charge avec la même idée: il ne veut exonérer d’ISF que les placements réellement productifs, ceux qui, comme il dit, vont dans l’économie réelle. Alors que la réforme a sorti du périmètre de l’ISF tous les placements, sauf l’immobilier.

 

Et il a des chances d’obtenir gain de cause ? 

Il le pense, il compte sur son influence auprès du chef de l’Etat, il pense qu’Emmanuel Macron peut surprendre et n’est pas fermé à l’idée. Ce serait toutefois surprenant. D’abord parce que le président a mis beaucoup de capital politique dans cette réforme et a répété plusieurs fois qu’il n’était pas question d’y revenir. Ensuite pour une raison plus technique: il est très difficile de faire un distinguo parmi les placements mobilier qui vont dans l’économie, comme dit le patron du Modem, est les autres. Les élus Modem citent par exemple les Sicav monétaire, qui seraient des placements dormants et devraient donc être taxées à l’ISF. Sauf que cet argent est bel et bien investi dans l’économie. Donc on risque de créer une usine à gaz en multipliant les cas particuliers.

Plus largement, c’est tout le risque de sortie de ce grand débat. On le voit bien: le concours Lépine fiscal est lancé. De son côté, le parti En Marche veut non pas revenir sur l’ISF mais alourdir l’impôt immobilier qui l’a remplacé (ce dont François Bayrou, de son côté, ne veut pas entendre parler). Même confusion sur les droits de succession, entre ceux qui voudraient alourdir les grosses successions et ceux qui disent qu’il ne faut surtout toucher à rien. Il serait dommage qu’ il ressorte du grand débat une cacophonie fiscale. Mais c’est bien parti…