Réduction des aides à domicile pour les séniors : une mesure difficile à faire passer

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Le gouvernement peine à mettre en place la réduction des aides à domicile pour les séniors, une mesure qui provoque embarras et cafouillages dans la majorité.

La mesure fait polémique : le gouvernement veut raboter l’avantage fiscal sur les aides à domicile des personnes âgées. Embarras dans la majorité et cafouillage au sommet.

Cette mesure passe mal. Les ministres de Bercy, eux-mêmes, n’étaient pas au courant qu’elle était dans les tuyaux. Et bien sûr, la Fédération des particuliers-employeurs est vent debout et dénonce une "arnaque". De quoi s’agit-il ? Aujourd’hui, un particulier de plus de 70 ans qui emploie un salarié à domicile est totalement exonéré de charges patronales. Il y a plus de 800.000 personnes dans ce cas-là. Que propose le gouvernement ? De réserver cette exonération totale de charges patronales aux personnes âgées dépendantes. Les autres, ceux qui sont bien portants, seraient logés à la même enseigne que tout le monde : crédit d’impôt de 50% sur les salaires quand on emploie un salarié à domicile, mais pas d’exonération de charges sociales.

En clair, c’est une mesure d’économie justifiée par le fait qu’il faut mettre plus d’argent sur la dépendance ?

Exactement. De ce point de vue, c’est cohérent et justifié. On ne voit pas pourquoi on exonérerait de charges un retraité bien portant qui emploie un jardinier ou un chauffeur par exemple. Il vaut mieux mettre le paquet, en revanche, sur les aides aux personnes dépendantes qui, elles, sont très en-dessous des besoins. C’est de cette manière que le gouvernement justifie le rabotage de ce fameux avantage fiscal, lequel doit permettre d’économiser 300 millions d’euros qui iront financer la dépendance. On comprend la logique. Reste que pour les particuliers employeurs et leurs salariés, c’est une mauvaise nouvelle. Un peu de pédagogie de la part de nos gouvernants-technocrates n’aurait pas été inutile.