"Quoi qu’il en coûte" : le nouveau monde économique face au Coronavirus

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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"Quoi qu’il en coûte", c’est le nouvel impératif fixé par Emmanuel Macron et cela change profondément la politique économique. Face à une crise et face à l’urgence, il n’y a plus de règles. On fait ce qu’il faut pour traiter l’urgence et on voit après. Le président a tracé la feuille de route économique qu’il veut voir mise en oeuvre pour réponde aux dégâts causés par le virus.

"Quoi qu’il en coûte", c’est le nouvel impératif fixé par Emmanuel Macron et cela change profondément la politique économique.

C’est un vrai changement de paradigme. "Quoi qu’il en coûte", cela veut dire que l’on change de monde et que l’on fait sauter les règles. Souvenez-vous. "Quoi qu’il en coûte", c’est la traduction en français de ce qu’avait dit en anglais le président de la Banque centrale européenne en 2011: "whatever it takes". Face à une crise et face à l’urgence, il n’y a plus de règles. On fait ce qu’il faut pour traiter l’urgence et on voit après. Là, c’est la même chose. Cette crise du virus est inédite. En quelques semaines, elle a fait basculer la deuxième économie du monde, la Chine, au bord de la récession. Elle a mis l’Italie sous cloche. Le reste de l’Europe plonge. Dans ces moments, "quoi qu’il en coûte", il faut mobiliser toutes les ressources de l’État. Toutes les ressources de l’Europe. Il y a les règles qui sont valables par temps calmes, comme les 3% de déficit. Mais dans la tempête, elles n’ont plus lieu de s’appliquer.

Mais qu’est-ce que ça signifie concrètement ?

Emmanuel Macron a été très clair. Ça signifie précisément trois choses. D’abord, la Banque centrale européenne doit faire plus. La BCE "devra prendre de nouvelles décisions". Christine Lagarde va devoir revoir sa copie. Jamais un président français n’avait critiqué aussi directement la BCE. Ensuite, les gouvernements européens doivent prendre des mesure de relance. Il faut un plan de relance publique pour soutenir l’activité qui s’effondre d’heure en heure à mesure que progresse le virus. Un plan "massif", cette fois, c’est la Commission européenne qui en prend pour son grade avec son maigre plan de 25 milliards d’euros annoncé il y a deux jours. Et trois, il faut une action au niveau du G7 et du G20 car la menace de récession est mondiale. Avec ce "quoi qu’il en coûte", Emmanuel Macron a tracé la feuille de route économique qu’il veut voir mise en oeuvre pour réponde aux dégâts causés par le virus. Reste maintenant à convaincre tout le monde.