Quels sont les rapports entre les Français et la Bourse ?

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L'édito économique est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

La Bourse de Paris a doublé de valeur en dix ans. Et pourtant, à peine un Français sur cinq est prêt à mettre de l’argent en Bourse, les Français sont des épargnants frileux.

Ils préfèrent de très loin le livret A qui ne rapporte pourtant que 0,75% par an, deux fois moins que l’inflation, ce qui veut même dire qu’on y perd. Mais voilà, à peine un Français sur cinq se dit prêt à investir en Bourse, selon un sondage Odoxa-Linxea. En revanche, 47% y sont totalement hostiles. Et quand on leur demande pourquoi, un sur deux répond qu’il a peur d’y perdre ses économies, un sur cinq qui ne veut pas investir en Bourse parce qu’il n’y comprend rien (c’est une bonne raison après tout) et 9%, ne veulent pas investir en Bourse parce qu’ils pensent que c’est immoral. Les traces d’une vieille culture chrétienne sont là.

Les téméraires qui se risquent en Bourse, qu’achètent-ils ?

Des valeurs sûres. Plus de la moitié achètent des actions du CAC40. Le CAC40 qui a gagné 110% en dix ans. Donc clairement mieux que le livret A. Et sur dix ans, de fait, certaines des grandes valeurs de la cote ont énormément progressé : si vous aviez acheté des actions Kering il y a dix ans, vous auriez gagné 1050% ! Dans le luxe toujours, Hermes a gagné 760%, LVMH 685%. Et autre secteur phare, l’aéronautique : Safran, les moteurs d’avion, 1.600% de gains en dix ans, Airbus 1.000% etc. Et pourtant, sept Français sur 10 pensent que placer son argent en Bourse n’offre pas les meilleurs rendements. En fait, les Français sont des super-fourmis : ils préfèrent la sécurité absolue à la moindre prise de risque.

En revanche, quand on leur parle de privatisation, ils ne disent pas non ?

Il y a un peu plus d’appétit en effet. Un sur trois, par exemple, se dit prêt à acheter des actions de la Française des Jeux, c’est une entreprise que tout le monde connaît et après tout, on a plus de chance de gagner de l’argent (ou moins de risque d’en perdre) avec des actions de la Française des Jeux qu’avec un billet de loto. Un Français sur quatre aussi serait prêt à investir dans la privatisation d’Aéroports de Paris, si toutefois elle a lieu. Un petit peu moins dans Engie, le groupe d’énergie est peut-être un tout petit peu moins connu. Pour les privatisations, les Français veulent donc bien prendre un petit risque. Mais ils restent quand même très prudents.