Propositions de Gérald Darmanin sur les niches fiscales : "Franchement, le message est assez incompréhensible"

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

C’est un pavé dans la mare qu’a lancé le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin en proposant de plafonner les niches fiscales. Les réactions ne se sont pas fait attendre.

Oui, on dit que dans chaque niche fiscale il y a un chien prêt à mordre. Et bien on a pu le vérifier, c’est vrai. Gérald Darmanin a intérêt à se protéger les mollets. Les premiers à monter au créneau sont les particuliers employeurs, ceux qui emploient une nounou, une femme de ménage, une aide scolaire pour les enfants etc. Tous ces particuliers bénéficient d’un crédit d’impôt de 50%, plafonné à 6.000 euros. Ce qui n’empêche pas de cumuler un autre crédit d’impôt pour autre chose, par exemple des travaux d’isolation ou des investissements locatifs. Au global, vous pouvez arriver à 10.000 euros de crédit d’impôt.

Et c’est ce plafond que Gérald Darmanin veut baisser, sans dire à quel niveau.

D’où l’inquiétude des ménages concernés.

Oui et je peux vous dire que ça fait grincer des dents car on touche là la classe moyenne supérieure - soit au passage, une bonne partie de l’électorat d’Emmanuel Macron. D’ailleurs, l’Elysée a vite pris ses distances avec la proposition de Gérald Darmanin. Pourquoi taxer davantage les cadres supérieurs alors qu’on a réformé l’ISF au bénéficie de ceux qui sont beaucoup plus fortunés ? Franchement, le message est assez incompréhensible. Les bénéficiaires de ces crédits d’impôts ne sont pas des grandes fortunes. Mais ce sont ceux qui paient déjà le plus d’impôts sur le revenu.

Et Emmanuel Macron avait promis de ne plus toucher aux impôts.

Oui, après la première année de mandat, promis, il ne devait plus y toucher. Mais avec le grand débat, c’est le festival : tout est ouvert, la TVA, l’impôt sur le revenu, les niches fiscales, la taxe d’habitation etc. Emmanuel Macron avait promis la stabilité fiscale, il l’avait même théorisé, en disant que l’instabilité était un mal français, qu’il fallait y mettre fin. Il serait bon que son ministre du Budget s’en souvienne.